Passer de la désolation à la consolation

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Passer de la désolation à la consolation

"J’ai été envahi d’un chagrin inconsolable" se rappelle Paul en faisant mémoire de la naissance de son fils handicapé. "Douleur, désespoir, le rendez-vous rêvé s’est transformé en rendez-vous raté". Ce sentiment d’un chagrin inconsolable, nous sommes nombreux à le vivre : la perte d’un être cher, la souffrance indicible d’un proche, l’abandon, la maladie grave, mais aussi parfois la faute commise, irréparable… Oui, les épreuves ne manquent pas dans nos vies, qui nous plongent dans les larmes et la solitude.

« Heureux les affligés, ils seront consolés » nous dit Jésus. Cette parole peut paraitre insupportable à celui qui est au fond du gouffre. Comment comprendre ce qui parait une glorification des larmes de désolation, et qui renverrait aux calendes grecques la consolation ?

« Cette promesse ne permet pas la résignation devant les larmes des affligés -dit le Cardinal Schönborn, archevêque de Vienne. Pour lui, il ne peut s’agir d’un bonheur promis uniquement pour une vie à venir. Non, il s’agit d’entrer dès aujourd’hui dans cette expérience d’un Dieu qui essuie toute larme. En grec, « ils seront consolés » signifie étymologiquement « ils seront appelés aux côtés de quelqu’un ». « Dieu ne nous console pas en abolissant toute détresse – poursuit le Cardinal – mais en y entrant, en la partageant, en devenant notre prochain »

Toute l’histoire de la vie chrétienne est de réaliser cette promesse dès maintenant. Et le Cardinal de prendre pour exemple Mère Térésa, qui ne se résigne pas à ce que le pauvre soit un condamné à la misère. Elle réussit par le geste d’amour à lui faire sentir que le bonheur lui est destiné. 

Elle est là notre vocation commune : être les uns pour les autres « les mains de Dieu qui essuie toutes larmes », pour passer de la désolation à la consolation. « Que nos églises soient des hauts lieux de la béatitude des larmes consolées » conclut le Cardinal Schönborn.

Eh bien, ce vendredi 17 mars, à vingt heures, l’église Saint-Eustache sera un haut lieu de la béatitude des larmes consolées. L’OCH vous invite tous à une veillée de consolation avec la communauté de Taizé. Frère Aloïs, prieur, méditera sur la consolation, accompagné de personnes handicapées, qui en témoigneront, pour que chacun puisse proclamer : « Heureux les affligés, ils seront consolés » !

Philippe de Lachapelle, sur Radio Notre Dame