Faire de nos vies des paraboles

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Faire de nos vies des paraboles

Juliette a 15 ans. Elle a depuis longtemps un comportement décalé, qui la met dans un rapport spécial avec la réalité, aussi bien à la maison qu’au collège ou dans sa vie sociale. Elle perçoit les choses d’une manière singulière, qui n’appartiennent qu’à elle, ce qui la met souvent à part, avec pas mal de difficultés à la clef. Cela est pour elle une réelle souffrance, car elle en a tout à fait conscience et se sent mal comprise. Sans compter les moqueries ou les sourires qui blessent tant. On n’est pas toujours tendres entre ados.

Un soir, elle rentre du collège. Sa mère constate qu’elle ne porte pas le manteau avec lequel elle était pourtant partie le matin. Elle s’en étonne. Juliette lui explique qu’en rentrant, elle a rencontré une femme sans domicile dans la rue. Elle était manifestement très pauvre, bien mal habillée, et triste. Alors Juliette lui a donné son manteau, pour la réconforter, et surtout qu’elle n’ait pas froid la nuit.

Plus que surprise, on peut la comprendre, la maman lui fait le reproche de s’être ainsi séparée de son manteau. Alors Juliette, d’une voix tranquille lui explique : « Mais Maman, ne t’inquiète pas. Mon manteau, il était très confortable, en très bon état ». Et la maman de rester sans voix devant cette justification inattendue. Pour Juliette, elle aurait commis une faute que sa mère lui aurait reprochée, si elle avait donné un manteau usé. Mais un manteau en bon état, bien confortable, voilà qui devait évidemment la rassurer.

« Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages », nous dit Saint Paul. Ce jour-là, c’est juliette qui a été choisie pour mettre en œuvre cette parole de Jésus : « j’étais nu, et vous m’avez habillé ».

Jésus n’a cessé d’enseigner en paraboles, pour faciliter la compréhension des disciples qui l’écoutaient : des petites histoires imagées qui indiquent dans quel sens orienter nos cœurs et nos actes pour devenir son ami. D’une certaine manière, il nous invite chacun à faire de nos vies des paraboles, qui manifestent la tendresse inconditionnelle que Dieu nous porte, et que nous sommes invités à nous donner mutuellement. Eh bien, Juliette ce jour-là a été une parabole vivante par sa façon de donner son manteau à cette femme de la rue.

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame