Synode sur les jeunes, notre vocation commune au bonheur

© Richard BARON - LIGHT MOTIV

Synode sur les jeunes, notre vocation commune au bonheur

« Je trouve que l’on a beaucoup de chance quand on est chrétien et malade, parce que l’on a une proximité avec le Christ, il n’y a pas de plus grand réconfort ». Jeanne Pelat a 21 ans et porte un lourd handicap. Elle ne quitte pas son fauteuil roulant. Elle répond en ces termes étonnants à une question sur sa foi dans la revue Ombres et Lumière. Elle explique : « Jésus a vécu lui-même la souffrance physique, l’abandon, la peur, l’angoisse. Quand je prie en disant « Seigneur, je souffre », je sais qu’il me comprend ».

Car Jeanne souffre, beaucoup et souvent. Elle est atteinte d’une forme de myopathie qui provoque de violentes douleurs musculaires, sans espoir de guérison aucun. De quoi être révoltée contre Dieu, comme nombre de ses amis atteints de lourds handicaps. Pas elle. « J’ai prié pour ma guérison… Ma maladie empirait… Mais je savais que Jésus m’aimait ». Au fil du temps, elle a compris que ça ne l’empêchait pas d’être heureuse, même s’il y avait des périodes très difficiles. Et Jeanne de témoigner de cette confiance au jour le jour, sa vie pleine et entière, les belles rencontres, les amis de cœur, les études... C’était difficile, mais dit-elle « s’engager, c’est juste prendre le risque d’être heureux et de rendre les autres heureux ».

S’engager, c’est ce qu’elle va faire, en rentrant dans une communauté contemplative. Un appel profond reçu à Lourdes à l’âge de 17 ans. « Malgré tout ce que je vis d’épanouissant, rien ne me rend plus heureuse que cette vie-là » explique-t-elle rayonnante. Le bonheur est décidemment le fil rouge de sa vie, aussi difficile soit-elle. « Acceptons nos limites, -dit-elle encore- c’est comme ça que Dieu nous guide vers ce qui peut nous rendre heureux »

Au moment où s’ouvre le synode sur les jeunes, la foi, et les vocations, le témoignage de Jeanne nous rappelle que nous avons tous une vocation. Tous ! Aucune maladie, aucun handicap, aucune blessure, ne nous coupe de l’appel de Dieu. Au contraire ! Toujours dans Ombres et Lumière, Monseigneur Gobillard rappelle que L’Eglise est fondée à la Croix. Le point de départ, c’est la blessure du cœur. « La question que Jésus pose à chacun -dit-il- est « quelle est ta blessure, pour que j’y construise l’Eglise, que je t’ouvre à la fécondité ? … Donne-moi ton cœur blessé, aime-moi tel que tu es ». Le monde cherche des héros parfaits, dit Monseigneur Gobillard, Jésus cherche des cœurs pauvres. A l’instar de Jeanne, nous pouvons unir nos blessures à celles de Jésus. Il saura les rendre fécondes, parfois très secrètement.

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame