Burn out, invitation à la gratitude

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Burn out, invitation à la gratitude

« On est brulé de l’intérieur, totalement consumé. On prend de plein fouet notre fragilité, l’absurdité de cette course effrénée… ». Anne qui parle ainsi est en Burn out depuis un an. C’est sur son blog qu’elle relate cette expérience brutale qu’elle a vécu et sa lente reconstruction.

Pourtant, dit-elle « ma vie était pleine de sens » : métier passionnant, maman heureuse, mari aimant, famille unie, précieux amis. « J’étais épuisée, mais je n’aurais jamais pensé me retrouver en mode zombie du jour au lendemain… Même les gestes automatiques étaient devenus impossibles -explique-t-elle- la moindre décision était cause d’angoisse… Impression de perdre la tête ».

A lire Anne, on prend la mesure de la soudaineté et de la violence que représente le Burn out pour ceux qui en sont frappés. Les signes avant-coureurs sont là, qu’on ne veut pas voir : sautes d’humeur, troubles du sommeil... : « cette naïveté profonde de croire qu’on est maître de soi, -dit-elle- que tout est question de volonté… ». Avec ce sentiment en plus qu’on n’a pas le choix, qu’on ne peut se permettre un Burn out.

Aujourd’hui, en pleine reconstruction, elle ne court plus. « J’ai le temps de regarder le paysage, d’apprécier le silence, les moments où je ne fais rien, chose impensable il y a quelques mois ». Anne remet ainsi doucement, parfois douloureusement, du sens dans sa vie. Elle redécouvre ses besoins vitaux. « Je sais qu’un jour, ce sera une chance à mes yeux d’avoir été victime d’un Burn out ».

Maladie des temps moderne encore mal définie, le Burn out touche des centaines de milliers de personnes, à commencer, paradoxalement par ceux qui sont dans le don d’eux-mêmes, soignants, éducateurs, prêtres, mères de famille… Ce que le Père Pascal Ide, auteur de « Burn out, la maladie du don », nomme « un épuisement par compassion ». Pour lui, il y a là une invitation à la gratitude. « Tant que nous croyons être la source du don, -dit-il- nous courrons le risque de l’épuisement… Quand notre don est une réponse, nous donnons par surabondance et par gratitude ». Et le Père Ide de nous inviter à prendre chaque jour le temps de nommer et de ressentir la joie de ce qui nous est donné. C’est ce que Anne découvre aujourd’hui. Elle nous supplie de ne pas attendre le Burn out pour prendre ce temps pour s’arrêter avec ces mots plein de tendresse : « S’il te plait, prends soin de toi ! ».

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame