Jeux olympiques spéciaux

© Audi Nissen | Unsplash

Jeux olympiques spéciaux

Ils étaient huit sur la ligne de départ, prêts à s’élancer pour un 100 mètres de légende. Il leur a fallu beaucoup de temps pour trouver les couloirs respectifs : chacun voulait d’abord repérer dans les gradins les familles ou amis venus les soutenir. Leur méthode d’échauffement, elle aussi, était singulière : plutôt que de secouer bras et mollets, ils agitaient les bras et les mains en direction de leurs proches, qui leur répondaient par des cris d’encouragement. Ces huit sportifs participaient à une réunion Special Olympics réservée à des personnes handicapées mentales. C’était il y a quelques années, à Versailles.

Le départ est donné. Deux hommes trisomiques se détachent, qui s’apprêtent à remporter facilement la course. Mais voilà qu’à quelques mètres de l’arrivée, l’homme de tête chute. Le second s’arrête alors, l’aide à se relever, et les voilà tous deux qui franchissent en claudiquant la ligne d’arrivée, en bons derniers, mais tout sourire, les bras en l’air, comme s’ils avaient gagné. Le public ne s’y est pas trompé qui les a ovationnés.

Cette image résume parfaitement l’esprit du mouvement Spécial Olympics : « L’important chez nous n’est pas de gagner, mais d’avoir donné le meilleur de soi-même »explique la directrice générale de Spécial Olympics France. Ce jour-là, à Versailles, ces deux hommes trisomiques ont bien donné le meilleur d’eux-mêmes en sacrifiant spontanément la victoire à la fraternité. Ils ont bien mérité la médaille donnée à tout participant ! Car ces jeux sont les seuls où il n’y a ni sélection, ni vainqueur déclaré.

On pourrait se contenter de sourire tendrement de cette jolie histoire. Mais elle dit en réalité quelque chose de très profond sur le talent des personnes handicapées mentales : dans notre monde si compétitif, elles invitent à cet esprit de fraternité dont nous avons tellement besoin.

Les jeux mondiaux Special Olympics ont lieu cette semaine, à Abu Dhabi. Ils sont plus de 7000 sportifs de 176 pays à participer. Parmi eux quelques 120 français, emmenés par le champion olympique Alain Bernard, qui se déclare « fier de contribuer à mettre dans la lumière ceux que la société laisse trop souvent dans l’ombre ».Il a raison ! C’est une belle occasion de rendre hommage à ces champions de la fraternité et de la paix !