Lourdes, une histoire d'amour

© Lourdes le film

Lourdes, une histoire d'amour

Que peut-on trouver de commun à une troupe de gitans, un jeune chef d’entreprise tétraplégique, atteint de la maladie de Charcot, un groupe de personnes prostituées du Bois de Boulogne, un officier supérieur et son jeune fils atteint du syndrôme de Prader-Willi, ou encore cette jeune adolescente obèse, moquée par ses camarades ? Rien ! Rien sauf que tous ont été à Lourdes, dans une commune espérance qui monte vers le ciel, d’un même cœur, dans les mêmes chants, les mêmes prières. C’est Lourdes, Lourdes, ce magnifique documentaire dont le passage en salles vient d’être multiplié au regard du succès des trois premières semaines.

Lourdes est une histoire de corps : il y a ces visages qui révèlent en même temps la beauté et la blessure de chacune de ces vies. Il y a ces mains qui, avec la même tendresse, caressent pour les unes le rocher de la grotte, pour les autres les corps déformés par l’âge, la maladie, ou le handicap. Il y a ces bras qui serrent, portent, enlacent, implorent. Il y a ces corps qui portent, marchent, gémissent, boivent l’eau de la source, se baignent aux piscines…

C’est bien notre humanité commune faite de souffrance et d’Espérance qui se rassemble à Lourdes. Les barrières entre riches et pauvres, entre pays et cultures s’effacent pour permettre à chacun de se montrer tel qu’il est : humble, vulnérable, dépendant, croyant, espérant, vivant, et tellement beau ! Ce qui permet à ce gitan de dire : « Ici au moins, personne ne nous rejette. On est chez nous ». Oui, nous sommes tous chez nous à Lourdes.

Lourdes est une histoire de relation, d’amitiés qui naissent, de sourires et de rires qui jaillissent, de larmes de douleur et de joie qui s’entremêlent, de regards qui s’échangent dans de longs silences. On comprend ce qu’a pu ressentir Bernadette quand elle dit de la Vierge Marie : « Elle me regardait comme une personne qui parle à une autre personne ».

Car ce sont bien des personnes que ce documentaire révèle, et ces personnes nous donnent envie de les rejoindre à Lourdes, pour vivre avec elles cette expérience d’humanité et d’espérance. Juste pour s’entendre dire à la fin du séjour par Jean-Louis, très dépendant, après s’être défenestré dans un chagrin d’amour : « Je vous aime très fort ». Car Lourdes est une histoire d’amour !

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame