La confiance, prévoir au mieux et lâcher prise

La confiance, prévoir au mieux et lâcher prise
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J’ai compris qu’il me fallait lâcher prise pour donner ma confiance à l’autre dès le premier post-it

La confiance, prévoir au mieux et lâcher prise

Armelle a quatre enfants. Jean, l’ainé, jeune adolescent de douze ans, porte un handicap sévère, qui exige une attention permanente et un réel savoir-faire. Bien évidemment, Armelle, mieux que quiconque, sait accompagner Jean dans chaque geste de la vie quotidienne.

Mais elle ne peut rester en permanence auprès de lui quand il est à la maison, encore moins depuis le douloureux décès de son mari peu après la naissance de leur quatrième. Elle doit répondre aux besoins des autres enfants, mener sa vie personnelle. Et Jean lui-même a besoin qu’il y ait d’autres personnes que sa maman pour l’accompagner dans la vie. Alors, elle a trouvé des amis qui acceptent de venir s’occuper de Jean quand elle s’absente. Elle avoue que ça lui a été difficile de leur donner sa confiance. Elle avait acquis une telle compétence qu’elle savait que personne ne ferait aussi bien qu’elle.

« J’ai trouvé une méthode –dit-elle- : je mettais des post-it dans chaque pièce. A la cuisine, pour dire les menus, la façon de lui donner à manger… à la salle de bain, pour expliquer comment le laver, lui brosser les dents… dans le séjour pour les jeux et les distractions… dans sa chambre pour le coucher, les rituels, … La maison était couverte de ces post-it, et pour moi, pendant longtemps, la confiance commençait quand je n’avais plus de post-it. » - autant dire que c’était plutôt la crainte qui dominait – « Mais peu à peu – ajoute-t-elle- j’ai compris qu’il me fallait lâcher prise pour donner ma confiance à l’autre dès le premier post-it ». Car ces petits papiers restent une grande aide pour les personnes qui viennent auprès de Jean, même si ensuite ils feront les choses à leur manière, et non pas comme elle aurait fait.

J’ai été très touché par l’humilité et la vérité d’Armelle dans son témoignage. J’ai le sentiment que ce qu’elle décrit ressemble assez au chemin de confiance que nous avons chacun à parcourir avec Dieu. Jésus lui-même ne nous invite-t-il pas à faire notre liste de post-it en nous disant « Demandez, et l’on vous donnera…» ? Nous pouvons lui adresser toutes nos demandes. Et en même temps,  par ailleurs, il nous invite à cesser de nous inquiéter au motif que notre Père du Ciel sait de quoi nous avons besoin. Ça n’est donc pas grave si notre liste de demandes n’est pas complète. Il sait ! Nous pouvons donc chacun lâcher prise comme Armelle a appris à le faire. D’autant plus que pour nous rassurer tout à fait, s’il en est besoin, Jésus nous quitte sur ces dernières paroles: « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Lui dans la main duquel nous demeurons, et qui nous porte!