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Se laisser inviter à danser pour entrer dans la joie de l’Evangile

Thibaud est papa de trois enfants. Deux d’entre eux portent un handicap mental, dont Charlotte, 24 ans. Ils sont un jour en vacances, en famille élargie, dans le sud de la France. Ils s’installent tous à une terrasse de café sur la place d’un joli village. Platanes, fontaine, et même un orchestre qui joue une musique entrainante ! Charlotte aime infiniment danser. La voilà qui invite à tour de rôle chacun des membres de sa famille, qui se laissent emmener un par un, sous le regard étonné et plutôt bienveillant des autres clients du café. Mais au bout d’un moment, tous commencent à se lasser de danser.

Alors Charlotte se tourne vers les clients de la table d’à côté, puis de la table suivante. Thibaud, amusé, compte ainsi une vingtaine de personnes qui auront été ses partenaires de danse sur cette place. Mais il est l’heure de rentrer. A ce moment un homme se lève au bout de la terrasse et les rejoint. Cheveux gominés, bagues à chaque doigt, jean serré, tatouage, piercing, un look particulier sur cette terrasse. « Je m’appelle Alain. On vous regarde avec mes amis depuis deux heures. Je ne pouvais pas vous laisser partir sans vous dire bonjour, et sans inviter Charlotte à danser ». Ce qui fut fait à la plus grande joie de cette dernière, mais aussi de son papa, à qui Alain a signifié que Charlotte avait de la valeur à ses yeux.

Jésus en Saint Mathieu nous dit : « Les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les sourds entendent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ». Et un peu plus loin, il se désole devant la dureté de cœur de cette génération qui ne veut pas de cette Bonne Nouvelle : « Nous avons joué de la flute sur la place, et vous n’avez pas dansé ! », dit-il.

Le mystère de l’Evangile n’est jamais là où on l’attend, il ne rajoute pas quelque chose comme des obligations, il n’est pas réservé aux églises et aux salles paroissiales. Il est d’abord une joie, que le Pape François ne cesse de rappeler, une joie à laquelle nous sommes invités à participer, et à partager pace qu’elle est contagieuse. Charlotte est pleine de cette joie, elle a invité à danser les convives qui sont entrés dans la danse. Jusqu’à Alain qui a voulu participer à cette joie, et qui a rappelé, que comme pour Charlotte, il ne faut pas juger sur les apparences.

Philippe de Lachapelle