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Les syndromes post-traumatiques après une IVG

Debout, il mesure près de deux mètres. Mais c’est le plus souvent assis dans son fauteuil roulant qu’on le rencontre, lui qui est né sans jambes, et qui s’appuie sur ses prothèses pour faire quelques pas. Ryadh Sallem porte un handicap de naissance, qui l’a privé de jambes, mais aussi partiellement des bras et des mains atrophiés. Mais sa capacité de mordre dans la vie n’en a été en rien diminuée, au contraire. Sportif accompli, organisateur d’évènements culturels, associatifs, l’homme est passionné par les rencontres, et animé d’un désir profond de créer du lien entre gens différents, et de faire l’unité.

Un jour, il constate qu’une femme est souvent là, qui le suit des yeux de façon insistante et un peu étrange. Il engage le dialogue. La femme fond en larmes. Elle lui explique avoir été enceinte d’un enfant handicapé comme lui. Sous la pression, elle a interrompu sa grossesse. En suivant Ryadh dans ses manifestations, elle réalise avec douleur que la vie de son enfant n’aurait pas été réduite à son seul handicap, quelles qu’en soient les contraintes, et qu’il aurait pu avoir des passions, des engagements, une vie, quoi ! 

Sur le site officiel d’information sur l’IVG, on trouve cette affirmation : « Il n’y a pas de syndrome post-traumatique qui persisterait à distance, plusieurs années après un avortement. » Apparemment cela n’est pas vrai pour cette maman, et malheureusement aussi pour beaucoup d’autres, qui viennent déposer leur souffrance auprès du service écoute et conseil de l’OCH.

Les parents qui attendent un enfant handicapé ont besoin d’une écoute pour tisser librement leur choix personnel, et d’un soutien inconditionnel lorsqu’ils prennent le parti de laisser à leur enfant sa vie et sa croissance. 

Le gouvernement a choisi d’étendre le « délit d’entrave » aux cas de désinformation sur l’IVG. On instaure ainsi, sous prétexte de liberté de conscience, une interdiction de faire usage de sa conscience ! C’est pourquoi l’OCH tient à réaffirmer sa volonté de se tenir quoi qu’il arrive, dans le respect de chacun, aux côtés des parents dont l’enfant à naître porte un handicap. Car dans cette épreuve, les familles ont besoin avant tout d’une présence engagée, qui les aide à prendre conscience que toute vie a sa valeur, et qu'on l'accueille d'autant mieux qu'on est ensemble pour en porter le poids, mais aussi pour s'émerveiller de sa grâce.

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame