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Petits gestes pour que grandisse notre foi en l’humanité

Il est un homme d’un âge déjà avancé, américain de l’Illinois. Il emmène régulièrement sa femme dans un modeste restaurant de leur bourgade pour y prendre leur déjeuner. Jusque-là rien d’extraordinaire. Sauf que sa femme est atteinte d’une maladie invalidante, qui la rend presque totalement dépendante. Alors, plat après plat, bouchée après bouchée, c’est lui qui lentement, patiemment, lui donne à manger, sans oublier les desserts gourmands qu’il choisit soigneusement, au plus grand plaisir de son aimée.

Depuis le temps, le serveur les connait bien. Il est touché par la patience infinie de cet homme, son amour si visible, si dévoué au bien-être de son épouse invalide. Il est contrarié de constater que le mari ne peut jamais déguster son propre repas, qu’il mange souvent froid, une bouchée de ci de là, selon que le service de sa femme lui en laisse le temps.

Le 25 mars dernier, il n’y a pas foule dans le restaurant. Profitant de sa disponibilité, Joe, le serveur, s’approche du couple, et lui propose de donner à manger à la femme, pour que le mari puisse profiter de la carte et de ce moment avec elle, sans être accaparé par les exigences du repas. Ce qui fut accepté à la plus grande joie de l’un et de l’autre. Ce geste tout simple n’avait pas vocation à être rendu public. Mais une cliente bouleversée par la scène en a pris une photo, et l’a postée sur les réseaux sociaux pour saluer l’initiative du serveur. « Ma foi en l’humanité a été revivifiée grâce à ce geste » écrit-elle. L’histoire a été largement partagée et reprise sur de grands médias américains.

En France, c’est le site Aleteia qui raconte cette scène en précisant que Joe le serveur a seulement dit : « j’ai simplement fait ce que je voudrais que d’autres fassent pour moi dans une telle situation ». Exactement la règle d’or que Jésus nous a laissée en l’Evangile de Mathieu : « tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-même pour eux ».

Il n’y a rien de plus simple que l’Evangile. Ces gestes d’amour du quotidien sont fréquents, mais souvent cachés, en France, comme en Amérique. Il nous appartient de les vivre, d’en témoigner, de les partager. Notre foi commune en l’amour et en l’humanité en sera revivifiée, et sans doute aussi notre Foi en Dieu, qui en est la Source !

Philippe de Lachapelle