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Politique du handicap, gare aux contradictions

"Une société qui prend en compte les besoins des plus vulnérables se grandit ". Cette phrase aurait pu ponctuer un communiqué de presse de l’OCH. Et bien non. Elle est la conclusion du compte-rendu officiel du conseil des ministres du 7 juin dernier sur le sujet du handicap.

Le Président de la République veut faire du handicap une priorité de son quinquennat, et les signes favorables n’ont pas manqué dès les premiers jours : Il a nommé secrétaire d’état une mère d’un enfant trisomique, très engagée dans le monde associatif. Il a lui-même rendu visite à la famille d’un enfant handicapé qui l’avait interpellé lors d’un déplacement. Quelques jours auparavant, c’était le premier ministre lui-même qui se rendait dans une maison Simon de Cyrène, association que l’OCH a cofondée et soutient.

Scolarisation, accessibilité, autisme, formation, logement, soutien des familles, peu de choses manquent aux orientations adoptées en conseil des ministres. La méthode énoncée « partir des besoins et de l’expertise des personnes en situation de handicap » est un gage de pragmatisme absolument nécessaire. Comment ne pas se réjouir que le gouvernement veuille ainsi « changer le regard de la société sur le handicap, vaincre les appréhensions, et lever les obstacles » selon ses propres termes ?

Quelques semaines avant les présidentielles, l’OCH avait interpellé les candidats pour attirer leur attention sur les besoins prioritaires des personnes handicapées. Tous ces besoins sont présents dans les objectifs du gouvernement. Tous, sauf un. Celui qui concerne les enjeux éthiques, et notamment la politique de dépistage de la trisomie 21 in utero. « Notre programme de dépistage de la trisomie 21 est l'un des plus performants au monde ». Cette phrase a été formulée par la nouvelle ministre de la santé juste avant qu’elle soit nommée. On le sait, hélas, derrière le dépistage de la trisomie, il n'y a que la réalité de l'élimination des enfants qui en sont porteurs. Elimination et inclusion ne sont pas compatibles. Il faut choisir.

Lorsque le conseil des ministres énonce « Nous devons relever le défi d’une société accessible, fraternelle, et solidaire », on peut espérer que cette fraternité commence dès la vie naissante ! Ayons confiance que nous sommes capables de relever ce beau défi !

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame