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L’accueil inconditionnel de toute vie n’est pas une option

La famille Delage habite Boulogne sur mer… Elle a vécu un mois de juillet terrible qui la laisse dans une immense détresse. La maman était enceinte de huit mois lorsque le bébé a été diagnostiqué gravement handicapé : « On nous a expliqué que notre enfant avait 80% du cerveau qui ne fonctionnait pas – raconte-t-elle – Les médecins ont dit que le bébé serait paralysé et qu’il ne pourrait ni boire, ni manger ». Une interruption médicale de grossesse est programmée. Terrible période pour le couple en détresse qui prévoit même les funérailles. L’IMG est effectuée par une injection dans le cordon ombilical. Le médecin constate l’arrêt du cœur et informe du décès de l’enfant.

Le soir la maman accouche de ce qui aurait dû être un « enfant mort-né ». Mais voilà que l’enfant se met à crier. « Le bébé est vivant, il pleure, mange bouge » explique Jérôme, le papa. Son désarroi est d’autant plus grand qu’on lui explique que des tâches sont apparues sur la partie saine du cerveau parce que l’arrêt cardiaque, du fait du poison, a privé l’enfant d’oxygène. « Cela rend notre enfant inopérable, alors qu’avant, on aurait pu tenter quelque chose » ajoute le père qui a décidé de porter plainte.

Les médecins se défendent, qui affirment n’avoir commis aucune erreur, et qui parlent d’un « échec » rare de l’IMG. Cet enfant, parce qu’il est né vivant, est donc un échec de la médecine ! Un paradoxe que souligne Tugdual Derville, responsable d’Alliance Vita, dans le Figaro Vox : « Notre médecine anténatale marche sur la tête – écrit-il - Parler d’un échec quand la vie l’emporte sur la mort révèle qu’une valeur négative est attribuée à certaines existences ». C’est toute notre société qui en souffre, car, comme conclut Tugdual Derville, « une telle discrimination incite chacun à mépriser sa propre vie quand survient la dépendance »

Ce qu’a souvent dénoncé le Pape François avec force : "Avec la culture du déchet, la vie humaine n'est plus perçue comme une valeur fondamentale à respecter et à protéger". Cette triste histoire le confirme hélas. Puisse cet enfant, dans sa volonté de vivre, nous faire réfléchir qu’il n’est pas de vie qui ne mérite d’être vécue. Toutes nos énergies, individuelles et collectives, doivent être orientées sur l’accueil et l’accompagnement des plus fragiles.

Philippe de Lachapelle