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La prière, c’est être accroché à Jésus

Jeanne a 7 ans, et prépare sa première communion. Sa marraine l’invite à aller visiter avec elle le Père David, un ami prêtre que Jeanne connait bien, pour l’avoir souvent vu à la table familiale. Le Père David est atteint d’une maladie dégénérative due à l’âge. Il est ralenti, souvent confus, parfois angoissé, oublie ses mots, perd la mémoire, au point qu’il ne peut plus sortir de la maison médicalisée qui l’accueille. Il en souffre beaucoup.

Il reconnait Jeanne, son visage s’éclaire. Elle lui dit qu’elle va bientôt recevoir Jésus pour la première fois. Le Père David lui propose avec douceur de prier. Il commence une prière de bénédiction. Mais au bout de deux phrases, il oublie les paroles, ne sait plus où il en est. Il s’arrête un peu perdu, regarde Jeanne, reste un moment en silence, sourit, et lâche lentement : « Tu sais, ce qui compte dans la prière, ce ne sont pas les mots, c’est d’être accroché à Jésus »

La visite se termine, sa marraine la ramène chez elle. Jeanne raconte avec empressement cette histoire à sa maman, Caroline qui est émue. Elle lui propose d’écrire cette phrase dans son cahier de préparation à la communion, ce que la fillette fait avec application.

Quelques jours plus tard, c’est au tour de Caroline d’aller visiter le Père David. Il parait fatigué, absent. Elle lui raconte comment Jeanne a été marquée par cette formule, «la prière, c’est être accroché à Jésus ». Le père David sort de sa demi-torpeur, et ajoute doucement : « Encore mieux, c’est Jésus qui est accroché à moi », avant de refermer les yeux et d’entrer dans un long silence.

Nous qui sommes souvent à chercher les mots pour nous adresser à Jésus, rappelons-nous que le plus important, ce ne sont pas les mots, c’est d’être accroché à Lui. Et quand, comme pour le Père David, les forces nous manquent pour nous accrocher, que l’épreuve est trop dure, que le courage s’en va, que la nuit s’installe, gardons confiance que depuis notre baptême, c’est Jésus qui s’accroche à nous, et que rien, rien ne peut nous en séparer. Aucune maladie, aucune angoisse, ni la mort, ni la vie, rien ! Saint Paul nous le dit si bien dans l’Epitre aux Romains.

Philippe de Lachapelle