Médiathèque

Chronique Radio

Version moderne du bon samaritain

Jean-Christophe Parisot est atteint de myopathie. Il est marié avec Katia, ils sont parents de quatre enfants. A Lourdes, en février dernier, dans une conférence, il témoignait qu’un jour, alors qu’ils étaient encore jeunes mariés, peu après la naissance de leur premier, ils se rendaient en famille à leur paroisse pour la messe dominicale. Les voilà donc en chemin, Katia poussant le landau, Jean-Christophe roulant en fauteuil à ses côtés.

Les voici devant l’église avec deux marches à franchir. Arrive un paroissien, missel à la main. « Monsieur, pouvez-vous nous aider à monter le fauteuil ? » demande Katia. « Je ne peux pas, je vais à la messe » répond l’homme pressé en s’engouffrant dans l’église, laissant Jean-Christophe et Katia sidérés. Un homme s’approche alors, qui buvait un gros rouge à la terrasse du bar à quelques mètres. « Moi je vais vous aider » grogne-t-il. Et l’homme d’empoigner vigoureusement le fauteuil pour gravir les deux marches, pendant que Katia monte le landau. Puis il retourne à son verre, refusant tout remerciement.

Jean-Christophe et sa femme pénètrent dans l’église, encore sonnés par ce qui venait de se passer. Le paroissien était juste là, sur un banc au fond de l’église. « On n’a pas pu s’assoir à côté de lui » avoue Jean-Claude. « On est allé dans la petite chapelle du Saint Sacrement, on a pleuré ».

Pour Jean-Christophe, cette aventure douloureuse lui a fait prendre conscience qu’il devait se garder des étiquettes. Il n’aurait pas donné cher de l’homme attablé devant un verre de rouge à dix heures du matin, alors que le paroissien endimanché… « Mais non, dit-il avec force - notre frère notre prochain, c’était le gars du bar ».

Le Pape François, commentant la parabole du bon samaritain a dit : « le samaritain, celui qui est méprisé, fut saisi de compassion, alors que le cœur des deux autres demeura froid… La compassion est une caractéristique essentielle de la Miséricorde de Dieu ». Et un peu plus loin, François nous dit : « Tu peux devenir le prochain de toute personne que tu rencontres qui est dans le besoin ». Tout au long de cette nouvelle année, laissons-nous entrainer par cette bonne nouvelle : nous pouvons être le prochain les uns des autres. Car qui à un moment ou à un autre n’est pas dans le besoin ?

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame