Médiathèque

La personne handicapée en entreprise

L'homme porte la soixantaine grisonnante. Il est responsable du pôle handicap d'une grande société de transport. Calmement il explique comment son entreprise s'est mobilisée il y a quelques années pour embaucher des personnes handicapées.
« Il n'y a pas de mystère -dit il- c'est d'abord la contrainte de la loi qui nous a poussés. Quand nous avons compté les millions d'euros à verser si nous ne rattrapions pas le retard accumulé, il était évident que nous devions nous bouger. Mais aujourd'hui je peux vous dire combien cela s'est révélé une chance pour l'entreprise. Par exemple, -ajoute-t-il- la politique d’embauche de personnes handicapées a fait l’objet d'accords signés avec les organisations syndicales. Pour une fois nous étions rassemblés sur un objectif commun: faire place aux personnes handicapées. Ca nous changeait de nos oppositions systématiques et usantes. Le dialogue social dans l'entreprise s'en est trouvé bien meilleur. »

Il a été heureusement surpris de la capacité de mobilisation de tout le personnel. Par exemple pour chaque accueil d'une personne sourde, tout le service s'initie à la langue des signes. « Vous ne pouvez pas savoir combien ça a changé l'ambiance des services concernés. Et quand l'employé sourd arrive, combien il se sent accueilli ! Sans compter les parties de fou rires ».
Il y a aussi ces journées de sensibilisation autour du handicap, ou chaque membre du personnel s'essaie qui au fauteuil roulant, qui à la lecture braille. Ils en profitent pour faire des collectes de bouchons plastiques dont la vente sert à l’acquisition de fauteuils roulants. Tout ça crée une dynamique humaine très riche.

« Nous avons aussi monté des opérations communes avec des entreprises clientes. Cela a contribué à fidéliser nos relations avec elles. Du coup les directeurs de nos agences qui au début étaient très résistants – leur souci premier, c’est le client - sont aujourd’hui parmi les plus convaincus.
Et puis –dit-il- il y a quelque chose de très important : je sens que cela apporte de la sécurité pour tout le personnel. Si l'accident ou la maladie survient, je ne serai pas mis au ban de l'entreprise. Elle sait s'adapter aux situations de handicap et de fragilité.
Finalement -conclut il- tout le monde sort gagnant de ce qui au début était un devoir, une contrainte, par souci économique. »