Père Gérard vous répond

Posez votre question à frère Marc

Vous trouverez ici des extraits de réponse à quelques questions qui ont été posées au Père Gérard.

"Père Gérard a eu d'importantes responsabilités pastorales dans plusieurs diocèses de France. Maintenant en "retraite active " il prêche des retraites spirituelles tout en étant souvent en service auprès de communautés de l'Arche et de Foi et Lumière." Merci.

Votre question pourra rejoindre d'autres internautes qui vivent une situation proche de la vôtre.

Par ce partage, ensemble nous grandissons dans la foi et l'espérance.

Si votre question ne relève pas de sa compétence, Père Gérard se réserve la possibilité de l'envoyer au service Écoute - Conseil de l'OCH qui prendra le relais.


  • Lili : Je suis enceinte d’un bébé qui doit subir une grave opération à la naissance, faut-il le baptiser avant ?

    Chère Lili,

    Pour répondre à votre question je voudrais d’abord vous redire trois convictions qu’il faut tenir ensemble.
    Première: le baptême est un don de Dieu (comme tous les sacrements) qui régénère la nature humaine déchue par le péché, nous communique la vie divine et nous fait membres du Corps du Christ qui est l’Eglise. C’est l’œuvre de Dieu, pas la nôtre. Voilà les raisons pour lesquelles l’Eglise catholique confère aussi le baptême à des petits enfants ou à des adultes ayant un handicap qui ne leur permet pas de s’exprimer par oral ou par écrit.
    Deuxième conviction: mais le baptême est aussi le sacrement de la foi. L’Eglise le célèbre pour des bébés ou pour des personnes qui ne peuvent pas le demander elles-mêmes quand elle peut être assurée que le baptisé pourra grandir dans la foi grâce aux croyants qui l’entourent, en premier lieu les parents.
    Troisième conviction: Dieu aime tout être humain dès le premier instant de sa conception. Il est le Créateur et le Père de tous, de ceux qui sont baptisés, de ceux qui le seront et de ceux qui ne le seront pas en raison de leur ignorance du Christ mais qui seront sauvés s’ils ont obéi à leur conscience et ont fait de leur vie une vie d’amour.

    Si votre enfant peut être baptisé avant cette opération sans mettre en danger sa santé et si la célébration peut se dérouler dans des conditions satisfaisantes pour la prière et pour les expressions de la foi de ses parents et de son parrain et de sa marraine, n’hésitez pas à faire ce cadeau à votre enfant. Si ce n’est pas possible, soyez dans la paix car Dieu connaît votre désir de donner le meilleur à votre enfant. Il lui donne déjà son amour de Père jusqu’au jour où il sera possible d'accueillir et célébrer ce don par le baptême, dans de bonnes conditions, après l’opération.

     

  • Juliette : « Mon fils autiste a fait sa première communion mais refuse de communier le dimanche, que faire ? »

     

    Chère Juliette,

    Le refus actuel de votre fils de recevoir le Corps du Christ touche à une des formes de sa relation avec Jésus. Il y en a bien d’autres ! Nous pouvons être sûrs que du côté de Jésus rien ne change. Ce n’est donc pas grave. Jésus l’aime toujours autant. Il est le seul à connaître vraiment votre enfant et Il sait quel genre de fragilité provoque actuellement en lui cette attitude de refus. Voici donc une occasion de nous rappeler que la grâce de Dieu ne passe pas uniquement par les sacrements.

    Il est sans doute bon de continuer de proposer délicatement à votre fils de s’avancer pour communier mais sans insister et sans nécessairement le faire à chaque messe. Si le prêtre (ou le diacre ou le laïc ) qui lui présente le Corps du Christ le connaît bien, ça peut beaucoup aider. Il pourrait lui demander: “ Veux-tu recevoir Jésus aujourd’hui? “ ... et garder le sourire en cas de refus ! Vous savez combien la douceur compte avec les personnes autistes. Dans une communauté de l’Arche, je retrouve souvent une jeune fille qui tantôt demande la communion, tantôt la refuse. J’ai repéré que ça dépend pour une bonne part de la personne qui l'accompagne: ou celle-ci fait seulement son travail et la jeune fille ne veut pas communier ou elle lui consacre du temps, avec affection et patience, pour l’écouter, lui parler, lui tenir la main et cette jeune fille souvent communie. Dans leur fragilité nos amis nous rappellent ainsi le lien fort entre communion au Corps eucharistique du Christ et communion à son Corps mystique, c’est-à-dire dans nos relations entre nous.”

    Père Gérard

  • Isabelle, malade psychique: "Je me sens abandonnée de Dieu, je souffre tellement..."

    Chère Isabelle,

    Votre souffrance est si grande que vous vous sentez abandonnée même de Dieu. Je me garderai bien de vous dire des " il faudrait..." ou " vous devriez..." Je veux simplement vous dire que vous me faites penser à Jésus qui, sur la croix, dans sa grande souffrance physique et morale avait commencé à prier avec ces premières paroles du psaume 21: " Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ..." Mais ce psaume se continue par une supplication confiante et se termine par l'accueil d'une réponse de Dieu. Jésus le savait. Sa prière n'a pas supprimé sa souffrance mais lui a permis d'exprimer son espérance et sa certitude que son Père ne l'abandonnerait jamais.

    J'aimerais être là, à côté de vous, , vous tenir la main et vous lire doucement ce psaume. Quand vous le pourrez, lisez-le. Peut-être que vous ferez un petit pas sur le chemin qui va de la détresse à l'espérance, Ce sera alors un petit signe que le Seigneur est toujours avec vous.

    Père Gérard