Père Gérard vous répond

Posez votre question à frère Marc

Vous trouverez ici des extraits de réponse à quelques questions qui ont été posées au Père Gérard.

"Père Gérard a eu d'importantes responsabilités pastorales dans plusieurs diocèses de France. Maintenant en "retraite active " il prêche des retraites spirituelles tout en étant souvent en service auprès de communautés de l'Arche et de Foi et Lumière." Merci.

Votre question pourra rejoindre d'autres internautes qui vivent une situation proche de la vôtre.

Par ce partage, ensemble nous grandissons dans la foi et l'espérance.

Si votre question ne relève pas de sa compétence, Père Gérard se réserve la possibilité de l'envoyer au service Écoute - Conseil de l'OCH qui prendra le relais.


  • Sylvie : "Mon enfant que je sais porteur d’une grave maladie est né, je ne suis pas certaine d’arriver à l’aimer. Comment Dieu peut-il m’aider ?"

    Chère Sylvie,

    Vous vivez une réalité dont je ne veux m’approcher qu’avec un infini respect tellement elle est mystérieuse avec son mélange d’amour, d’espérance, de souffrance et parfois de rejet et d’angoisse pour le présent et pour l’avenir. Je ne veux pas vous donner des conseils, peut-être vous faire quelques suggestions. Je ne veux pas non plus vous parler trop facilement de Dieu.

    J’imagine la joie avec laquelle vous avez accueilli la nouvelle de votre maternité. Bientôt, cette joie laissé place aussi à la tristesse et à l’interrogation profonde quand vous avez appris la maladie de votre enfant alors qu’il n’avait pas encore vu le jour. Vous avez gardé ce petit être vivant en vous parce que vous êtes chrétienne. Mais vous avez eu des moments de révolte contre Dieu que vous avez interrogé avec de douloureux « pourquoi ? « . Et maintenant vous avez dans vos bras votre enfant innocent et souffrant. Parfois des questions vous assaillent sur ce que la vie lui réserve et sur ce que vous pourrez vivre avec lui. Vous vous demandez même parfois si vous l’aimez, si vous l’aimerez toujours. C’est si fort, qu’il vous arrive ne pas pouvoir le regarder. La coexistence de l’amour maternel et de la souffrance (la sienne et la vôtre font que vous vous demandez comment Dieu peut vous aider.

    Par l’expérience de beaucoup et la mienne, je crois sincèrement que Dieu peut nous aider dans nos épreuves. Il ne les supprime pas, nous le savons bien, mais si nous Le prions avec confiance, avec une foi même très petite, très fragile, Il nous donne lumière et force intérieure. En lui disant votre souffrance et même parfois votre révolte, vous vous tournez vers Lui, vous lui dites que vous comptez sur lui. Je crois donc que la prière très simple, très pauvre peut vous faire percevoir que Dieu habite votre souffrance, aime votre enfant et vous aime. Mais la prière ne saurait suffire. C’est aussi dans et par nos rencontres humaines que Dieu vient à nous. Des mamans vivent ou ont vécu des situations semblables à la vôtre. Il serait bon que vous puissiez les rencontrer. Ne restez pas seule ! Je ne connais pas la maladie de votre enfant mais je suis sûr qu’il vous dit : « Maman, j’existe pour toi. Tu existes pour moi. J’ai besoin de ton amour. « Malgré vos moments de chagrin et de doute, donnez-lui votre amour, sans vous culpabiliser quand vous n’y arrivez pas vraiment. Dieu connait votre coeur et pour Lui le désir d’aimer est déjà de l’amour. Il est avec vous car « Dieu est amour et qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en Lui. », dit la Parole de Dieu (1Jn 4,16)

  • Véronique : Mon fils est handicapé, ma fille a un enfant trisomique, ma sœur a découvert qu’elle avait une maladie rare et invalidante. Pourquoi tant d’acharnement sur notre famille ?

    Quand de grandes épreuves se concentrent sur une même famille, je comprends qu'on s'interroge. "qu'est-ce qui va encore nous arriver ?", me demandait une maman qui n'en pouvait plus parce que mois après mois les épreuves s'accumulaient sur sa famille. Dans ces dramatiques occasions, c'est la question du "pourquoi ?" qui revient le plus souvent tellement on voudrait pouvoir trouver un sens ou même un responsable de cette souffrance, à défaut de pouvoir la supprimer. Je comprends ce "pourquoi moi ? Pourquoi tout ça dans la même famille ?"  Comme tout le monde, nous les chrétiens, nous nous posons ces questions et nous n'avons pas de réponse... Mais nous avons quelques lumières pour continuer de vivre sans être enfermés dans la souffrance.

    Nous sommes devant l'énigme du mal et de la souffrance des innocents. Certains pensent que tout cela est voulu par Dieu. Il ne faut pas s'étonner alors que d'autres refusent de croire en Dieu. En tout cas personnellement je ne crois pas en un dieu qui enverrait la souffrance et en plus, beaucoup de souffrance pour une même famille. Un monsieur qui avait connu beaucoup de grosses épreuves m'a dit : "Un jour j'ai compris que je n'aurais jamais de réponses à mes "pourquoi ?" et alors je me suis demandé : comment vas-tu vivre avec ça ?" depuis lors il essaie lui-même d'aider les personnes qui souffrent à passer du "pourquoi ?" au "comment ?". C'est là, je crois, que nous les chrétiens nous avons non pas des solutions mais des lumières pour avancer et ne pas nous laisser enfermer dans la souffrance. En étant en relation avec Jésus nous sommes constamment appelés à nous donner aux autres et à trouver de la joie dans le service. Nous recevons sa Parole et sa vie dans le sacrement pour aimer et nous laisser aimer en pensant aux autres ... et à nous. Ceci ne supprime pas nos épreuves, ne donne pas une réponse à tous nos "pourquoi ?", je le sais. Mais notre foi en Jésus est alors une force et une lumière. Même si nous passons encore par des moments très difficiles nous ne perdons jamais totalement la confiance et l'Espérance.

     

  • Emmanuelle : Je cherche la lumière de la véritable rencontre. Mais mon handicap fait de moi une personne seule. Et Dieu ne suffit pas à apaiser ma souffrance.

    Chère Emmanuelle,


    L'épreuve de la solitude s'ajoute à l'épreuve de votre handicap. Ce désir d'une véritable rencontre est bien normal, bien légitime. Il saisit tout votre être mais il n'est pas exaucé actuellement et je peux comprendre la souffrance intérieure qui est la vôtre. Dieu ne suffit pas à apaiser ma souffrance, m'écrivez-vous. Personnellement j'ai un peu de peine avec cette expression mais je vois bien ce que vous voulez dire. Il me semble qu'il est plus exact de dire que, dans l'union à Dieu ( la vie de foi ) nous recevons la force de vivre avec nos épreuves, de les traverser, parfois de les surmonter. Peut-être ferez-vous un jour cette véritable rencontre à laquelle vous aspirez tant. Il faut en tout cas continuer de l'espérer mais ce qui compte c'est votre relation confiante et fidèle avec Jésus par la prière, la Parole de Dieu, les sacrements, une vie fraternelle en Eglise. Je crois qu'ainsi, même si vous avez des moments de lassitude ou de trop grande souffrance intérieure, vous pourrez à la fois "tenir" et ne pas passer à côté de tout ce qui est beau dans votre vie, en particulier l'amour que les autres ont pour vous et celui que vous avez pour eux.