Père Gérard vous répond

Posez votre question à frère Marc

Vous trouverez ici des extraits de réponse à quelques questions qui ont été posées au Père Gérard.

"Père Gérard a eu d'importantes responsabilités pastorales dans plusieurs diocèses de France. Maintenant en "retraite active " il prêche des retraites spirituelles tout en étant souvent en service auprès de communautés de l'Arche et de Foi et Lumière." Merci.

Votre question pourra rejoindre d'autres internautes qui vivent une situation proche de la vôtre.

Par ce partage, ensemble nous grandissons dans la foi et l'espérance.

Si votre question ne relève pas de sa compétence, Père Gérard se réserve la possibilité de l'envoyer au service Écoute - Conseil de l'OCH qui prendra le relais.


  • François, trisomique : Je suis triste quand je pense à ma maman qui est morte…

    Cher François,

    Je suis sûr que si tu es triste quand tu penses à ta maman c'est parce que tu l'aimais beaucoup et que tu savais qu'elle t'aimait beaucoup. Maintenant tu ne la vois plus et tu aimerais tellement lui parler, l'embrasser. Tu sais que ce n'est plus possible et tu es triste. Ma maman est morte il y a trente ans et après tant d'années il y a encore des moments où je voudrais lui raconter une belle chose que je vis ou lui partager un souci. Je suis triste parce que ce n'est plus possible. Mais je pense à elle et à Dieu et je comprends que je ne dois pas rester dans la tristesse. Notre maman quand elle est auprès de nous ou quand elle est morte veut que nous soyons heureux et Dieu aussi veut que nous soyons heureux. Peut-être que quand tu es triste en pensant à ta maman tu pourrais faire une prière à Jésus pour elle en disant merci pour tout ce qu'elle t'a donné. Ensuite tu continues de vivre et de sourire pour apporter du bonheur aux autres membres de ta famille et à tes amis. Tu peux aussi ne pas rester dans la tristesse en pensant que tous ceux qui ont cherché à aimer pendant leur vie sont dans l'amour éternel, sont vivants en Dieu. C'est le corps de ta maman qui est mort. Elle, par Jésus ressuscité, elle est vivante et unie à toi. Même si nous ne savons pas trop comment, nous croyons que nous nous retrouverons tous un jour dans l'amour de Dieu et pour toujours. Nous le croyons parce que Jésus nous l'a promis. La parole de Dieu le dit souvent, en particulier par saint Paul dans ses lettres.
    Père Gérard

     

  • Sophie : J’en ai marre de la messe, à chaque sortie de messe, je suis seule, je vois bien que mon handicap fait peur, voire fuir …

    Chère Sophie,

    Soyez sûre que je comprends que vous en ayez marre, non pas de la messe qui est une rencontre communautaire avec le Seigneur, mais de ces sorties de messe où vous constatez que la dimension communautaire a disparu et où vous vous retrouvez seule avec en plus le sentiment qu’on vous ignore parce vous avez un handicap. Il vous faut prendre des moyens pour secouer ces chrétiens qui vivent une telle contradiction. Je n’imagine pas que tous, sans exception, vous ignorent ou ont peur de votre handicap. Alors faites vous-même les premières démarches auprès de ceux-là. Ils sauront apprivoiser ou réveiller les autres. Faites-vous aider en disant votre souffrance aux prêtres et à quelques personnes que vous connaissez. Ils en parleront à d’autres qui réagiront.
    Si au bout d’un certain temps, après avoir tenté quelques essais de ce genre, vous avez l’impression que rien ne bouge, inventez une méthode plus forte. Voici quelle serait la mienne: j'écrirais ou je ferais écrire un message que je distribuerais à la sortie de la messe. J’écrirais ceci: Bonjour, je m’appelle Sophie. Chaque dimanche, à la sortie de la messe, je me retrouve seule. Est-ce à cause de mon handicap? Venez me dire bonjour, faisons connaissance puisque nous sommes tous frères et soeurs dans le Christ.
    Essayez, je suis sûr qu’il y aura des réactions. Bon courage, Sophie ! Et soyez heureuse parce qu’à travers cette épreuve, Jésus vous appelle à être missionnaire de la fraternité et témoin de l’amour de son Père.
     

  • Lili : Je suis enceinte d’un bébé qui doit subir une grave opération à la naissance, faut-il le baptiser avant ?

    Chère Lili,

    Pour répondre à votre question je voudrais d’abord vous redire trois convictions qu’il faut tenir ensemble.
    Première: le baptême est un don de Dieu (comme tous les sacrements) qui régénère la nature humaine déchue par le péché, nous communique la vie divine et nous fait membres du Corps du Christ qui est l’Eglise. C’est l’œuvre de Dieu, pas la nôtre. Voilà les raisons pour lesquelles l’Eglise catholique confère aussi le baptême à des petits enfants ou à des adultes ayant un handicap qui ne leur permet pas de s’exprimer par oral ou par écrit.
    Deuxième conviction: mais le baptême est aussi le sacrement de la foi. L’Eglise le célèbre pour des bébés ou pour des personnes qui ne peuvent pas le demander elles-mêmes quand elle peut être assurée que le baptisé pourra grandir dans la foi grâce aux croyants qui l’entourent, en premier lieu les parents.
    Troisième conviction: Dieu aime tout être humain dès le premier instant de sa conception. Il est le Créateur et le Père de tous, de ceux qui sont baptisés, de ceux qui le seront et de ceux qui ne le seront pas en raison de leur ignorance du Christ mais qui seront sauvés s’ils ont obéi à leur conscience et ont fait de leur vie une vie d’amour.

    Si votre enfant peut être baptisé avant cette opération sans mettre en danger sa santé et si la célébration peut se dérouler dans des conditions satisfaisantes pour la prière et pour les expressions de la foi de ses parents et de son parrain et de sa marraine, n’hésitez pas à faire ce cadeau à votre enfant. Si ce n’est pas possible, soyez dans la paix car Dieu connaît votre désir de donner le meilleur à votre enfant. Il lui donne déjà son amour de Père jusqu’au jour où il sera possible d'accueillir et célébrer ce don par le baptême, dans de bonnes conditions, après l’opération.