Père Gérard vous répond

Posez votre question à frère Marc

Vous trouverez ici des extraits de réponse à quelques questions qui ont été posées au Père Gérard.

"Père Gérard a eu d'importantes responsabilités pastorales dans plusieurs diocèses de France. Maintenant en "retraite active " il prêche des retraites spirituelles tout en étant souvent en service auprès de communautés de l'Arche et de Foi et Lumière." Merci.

Votre question pourra rejoindre d'autres internautes qui vivent une situation proche de la vôtre.

Par ce partage, ensemble nous grandissons dans la foi et l'espérance.

Si votre question ne relève pas de sa compétence, Père Gérard se réserve la possibilité de l'envoyer au service Écoute - Conseil de l'OCH qui prendra le relais.


  • Marie-Claire : Mon fils délire régulièrement, m'affirmant que la vierge Marie lui parle. Je n'arrive plus à l'écouter. Que lui dire ?

    Chère Marie-Claire,

    Ce doit être en effet difficile de toujours écouter votre fils qui régulièrement vous assure que la Sainte Vierge lui parle. Vous me dites qu’il délire. S’il s’agit vraiment de cela, il faut vous faire aider par un bon psychologue pour voir comment soigner cette perturbation de la pensée.

    Je ne sais pas ce que votre fils dit de ce que la Vierge lui dit mais est-il possible de l’écouter quand même un peu et surtout de l’inviter, lui, à dire parfois quelque chose à la sainte Vierge en s’adressant à elle avec les prières de la tradition catholique. Est-il possible de lui suggérer : « Je ne comprends pas bien ce que te dit la sainte vierge mais en tout cas il faut que toi tu lui parles et que tu lui demandes de t’aider. » Et pourquoi ne pas prier avec lui quelques « Je vous salue Marie » ou regarder de belles reproductions de tableaux de Marie en les lui commentant et en sollicitant ses réactions ? Je ne sais pas si cela est possible… De votre côté, priez le Seigneur par l’intercession de Marie, pour qu’Il vous accorde des grâces de patience et d’écoute pour manifester votre amour à votre fils.

  • Pierre : Mes frères sont atteints d’une maladie génétique, pas moi, je me sens si coupable.

    Cher Pierre,

     

    Je comprends que tu puisses te poser ce genre de questions et je vais te dire pourquoi. Tu ne dois pas te sentir coupable. Tu n'y es pour rien. C'est un grand mystère que celui du mal et de la maladie. Pourquoi atteignent-ils telle personne et pas telle autre ? La plupart du temps nous n'avons pas de réponse. La foi chrétienne n'apporte pas de réponse non plus mais elle nous donne de quoi garder confiance et de savoir comment nous comporter quand nous sommes confrontés à de telles épreuves et à de telles énigmes.

    Je me suis posé un jour ce genre de question mais sans me sentir coupable pour autant. Mon frère aîné et celui qui est né après moi sont morts tous les deux de la maladie de Charcot. Je sais, ce n'est pas une maladie génétique mais je me suis interrogé : " Pourquoi pas moi qui, par la naissance, me trouve entre les deux ? " Je n'ai pas trouvé de réponse mais j'ai repris mieux conscience que si je suis vivant et en bonne santé, j'ai à trouver ma joie en étant au service des autres et en comptant sur la grâce de Dieu puisque j'essaie de vivre en chrétien. Tu peux réfléchir en ce sens-là et accepter avec réalisme et confiance ta situation tout en mettant tes dons, tes qualités au service de tes frères, de ta famille et de tous ceux que tu rencontres.

     

     

  • Sylvie : "Mon enfant que je sais porteur d’une grave maladie est né, je ne suis pas certaine d’arriver à l’aimer. Comment Dieu peut-il m’aider ?"

    Chère Sylvie,

    Vous vivez une réalité dont je ne veux m’approcher qu’avec un infini respect tellement elle est mystérieuse avec son mélange d’amour, d’espérance, de souffrance et parfois de rejet et d’angoisse pour le présent et pour l’avenir. Je ne veux pas vous donner des conseils, peut-être vous faire quelques suggestions. Je ne veux pas non plus vous parler trop facilement de Dieu.

    J’imagine la joie avec laquelle vous avez accueilli la nouvelle de votre maternité. Bientôt, cette joie laissé place aussi à la tristesse et à l’interrogation profonde quand vous avez appris la maladie de votre enfant alors qu’il n’avait pas encore vu le jour. Vous avez gardé ce petit être vivant en vous parce que vous êtes chrétienne. Mais vous avez eu des moments de révolte contre Dieu que vous avez interrogé avec de douloureux « pourquoi ? « . Et maintenant vous avez dans vos bras votre enfant innocent et souffrant. Parfois des questions vous assaillent sur ce que la vie lui réserve et sur ce que vous pourrez vivre avec lui. Vous vous demandez même parfois si vous l’aimez, si vous l’aimerez toujours. C’est si fort, qu’il vous arrive ne pas pouvoir le regarder. La coexistence de l’amour maternel et de la souffrance (la sienne et la vôtre font que vous vous demandez comment Dieu peut vous aider.

    Par l’expérience de beaucoup et la mienne, je crois sincèrement que Dieu peut nous aider dans nos épreuves. Il ne les supprime pas, nous le savons bien, mais si nous Le prions avec confiance, avec une foi même très petite, très fragile, Il nous donne lumière et force intérieure. En lui disant votre souffrance et même parfois votre révolte, vous vous tournez vers Lui, vous lui dites que vous comptez sur lui. Je crois donc que la prière très simple, très pauvre peut vous faire percevoir que Dieu habite votre souffrance, aime votre enfant et vous aime. Mais la prière ne saurait suffire. C’est aussi dans et par nos rencontres humaines que Dieu vient à nous. Des mamans vivent ou ont vécu des situations semblables à la vôtre. Il serait bon que vous puissiez les rencontrer. Ne restez pas seule ! Je ne connais pas la maladie de votre enfant mais je suis sûr qu’il vous dit : « Maman, j’existe pour toi. Tu existes pour moi. J’ai besoin de ton amour. « Malgré vos moments de chagrin et de doute, donnez-lui votre amour, sans vous culpabiliser quand vous n’y arrivez pas vraiment. Dieu connait votre coeur et pour Lui le désir d’aimer est déjà de l’amour. Il est avec vous car « Dieu est amour et qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en Lui. », dit la Parole de Dieu (1Jn 4,16)