Père Gérard vous répond

Posez votre question à frère Marc

Vous trouverez ici des extraits de réponse à quelques questions qui ont été posées au Père Gérard.

"Père Gérard a eu d'importantes responsabilités pastorales dans plusieurs diocèses de France. Maintenant en "retraite active " il prêche des retraites spirituelles tout en étant souvent en service auprès de communautés de l'Arche et de Foi et Lumière." Merci.

Votre question pourra rejoindre d'autres internautes qui vivent une situation proche de la vôtre.

Par ce partage, ensemble nous grandissons dans la foi et l'espérance.

Si votre question ne relève pas de sa compétence, Père Gérard se réserve la possibilité de l'envoyer au service Écoute - Conseil de l'OCH qui prendra le relais.


  • Perrine : « Je suis maman de deux adultes malades psychiques. Je ne sais plus quoi faire pour les aider, les soutenir et même les supporter. J’ai beau avoir la foi, croire que Jésus est là à mes côtés, certains jours je me demande quel est le sens de ma vie. Qu’est-ce que Jésus désire ? Qu’attend-il de moi ? Je suis usée. »

    Chère Madame,

    Quand je lis que vous ne savez plus quoi faire pour aider vos deux grands enfants, je comprends que vous avez déjà fait beaucoup et depuis de longues années. Vous voudriez pouvoir faire davantage parce que vous voulez qu’ils soient heureux, que leur santé s’améliore et même qu’ils guérissent. Vous ne percevez peut-être pas beaucoup de changements et alors arrivent ces moments bien compréhensibles de grosse fatigue et découragement avec toutes sortes de réactions dont celle de ne plus savoir quoi faire pour supporter vos enfants. Comme je vous comprends ! Je trouve qu’il est bien normal qu’arrivent de tels moments étant donné les soucis que vous portez. Surtout n’ayez pas honte de ces moments-là ni devant Dieu ni devant d’autres. Acceptez-les humblement et essayez de garder un peu de paix intérieure pour continuer la route (même si cette paix est fragile) et profitez des moments de joie car je suis sûr que vous en avez aussi.

    Que vous vous demandiez parfois quel sens a votre vie, je le comprends également. Nous sommes tellement matraqués par des discours, des écrits et des comportements qui nous disent que la vie n’a de sens que quand on est jeune, beau, fort, qu’on a beaucoup d’argent, des loisirs, des succès et une bonne santé. Comme disciples de Jésus nous croyons que la valeur d’une vie se mesure à l’amour donné et reçu, que seul l’amour donne la vraie paix, le vrai courage et la vraie joie tant aux personnes qu’aux sociétés et aux nations. Votre vie donnée à votre famille génère probablement des fruits (de paix et pourquoi pas de joie) que l’on ne peut mesurer même quand la fatigue vous gagne et que la lassitude prend le dessus.

    « Qu’est-ce que Jésus attend de moi ? », demandez-vous. Je crois pouvoir répondre que ce qu’Il attend de vous est ce qu’Il attend de tous : L’aimer et aimer son prochain comme soi-même. L’essentiel est de marcher sur les chemins de l’amour : parfois en courant joyeusement, d’autres fois en boîtant, d’autres fois encore en tombant lamentablement ou même en refusant d’avancer parce que la montée est trop rude et que la douleur ou le désespoir nous écrase. Je suis sûr aussi que Jésus vous demande de prendre soin de vous. Prenez les moyens pour persévérer dans l’amour grâce au repos, à la détente, à la prière, aux soins que vous donnez à votre corps. N’hésitez pas à demander de l’aide pour bénéficier de temps en temps de soirées, journées ou week-end libres et au calme. Vous ne pouvez pas rester seule dans cette exigeante situation. Sans doute y a-t-il déjà des personnes qui vous aident mais n’hésitez pas à en solliciter d’autres dans votre famille, votre voisinage, votre paroisse. Elargissez le cercle de vos relations si nécessaire. Certains n’imaginent peut-être pas qu’ils peuvent vous rendre service. Faites signe aussi aux associations. Et n’oubliez pas que vous-même et vos enfants vous rendez aussi un grand service en demandant des appuis puisque vous permettez à d’autres de marcher sur les chemins de l’amour.

     

     

  • Philippe, porteur d’un handicap mental léger : Est-ce que Jésus aime mon handicap ?

    Cher Philipe,

     

    Il y a, hélas, beaucoup de sortes de handicaps. Certains sont très lourds à vivre, d’autres moins. Un handicap c’est toujours quelque chose de gênant qui nous préoccupe, nous fait souffrir moralement ou physiquement et pour certains les deux à la fois. Jésus n’aime pas ce qui nous gêne. Jésus n’aime pas ton handicap. Jésus aime Philippe et Il sait qu’il a un handicap. Jésus te connaît. Il est même le seul à te connaître vraiment. Et, comme chaque personne, tu es unique et précieux à ses yeux. Je peux comprendre qu’à certains moments ton handicap te gêne. Je te propose de saisir ces occasions pour te tourner vers Jésus et Le prier dans le silence de ton coeur pour qu’Il te sorte de la tristesse et te redonne du courage et de la joie.

     

    Tu sais, Philippe, que devant Dieu nous sommes tous égaux et que pour répandre son message d’amour Jésus a besoin de tous les chrétiens y compris de ceux qui peuvent connaître une certaine faiblesse parce qu’ils ont un handicap plus ou moins important. C’est la Parole de Dieu qui le dit dans la première lettre de saint Paul aux Corinthiens au chapitre 12 verset 22. Jésus compte sur toi, sur moi, sur tous les baptisés pour, selon ses moyens mais avec tout son coeur, donner et recevoir de l’amour et construire ainsi la paix et l’unité. Que Jésus te garde dans la joie d’être à Lui et continue de te donner la lumière et la force de son Esprit pour être son témoin !

  • Annick : Comment faire confiance à Dieu à qui je dis chaque jour : protège-moi. Je suis toujours aussi fragile psychiquement et ne sais pas me défendre. Tant de personnes me font du mal.

    Chère Annick,

    Ne connaissant ni votre environnement ni votre situation, je devine quand même bien que vous souffrez beaucoup. Je voudrais simplement vous dire ma proximité par la prière et vous partager quelques réflexions que m’inspire votre demande en espérant qu’elles vous aideront un peu à garder confiance en Dieu, en vous et dans les autres.

    Vous me dites que beaucoup de personnes vous font du mal mais je suis sûr qu’il y en a aussi qui vous aiment et vous font du bien. Peut-être sont-elles moins nombreuses que celles qui vous font du mal mais l’amour n’est pas une question de nombre et c’est la bonté, l’attention aux autres, le pardon, le partage, l’amitié qui sont les réalités qui nous font vivre et donc aussi tenir dans l’épreuve. Faites confiance à ceux qui vous aiment. Quand vous devez vous défendre, ils vous donnent la force intérieure et parfois aussi des conseils.

    Je crois que ceci sera un beau complément de cette prière que vous adressez chaque jour à Dieu : Protège-moi ! Vous lui exprimez ainsi votre souffrance, vos attentes, votre foi. Mais vous savez qu’Il n’intervient pas dans nos vies sur commande et surtout pas sans notre disponibilité et notre collaboration. Continuez de Lui dire vos attentes et demandez-Lui de fortifier votre confiance en Lui, c’est à dire votre foi. En même temps cherchez à Lui montrer que vous avez confiance dans les autres malgré les déceptions et les blessures. Ayez confiance aussi en vous. Vous êtes plus grande que vos fragilités et Dieu est le seul à vous connaître vraiment. Depuis qu’Il s’est fait homme en Jésus, Dieu est en quelque sorte uni à tout être humain. C’est ce qu’a rappelé de deuxième Concile du Vatican.

    Le Seigneur Jésus est avec vous, chère Annick. Notre foi en lui est souvent fragile mais il y a toujours une petite flamme. N'hésitez pas à l’entretenir.