Père Gérard vous répond

Posez votre question à frère Marc

Vous trouverez ici des extraits de réponse à quelques questions qui ont été posées au Père Gérard.

"Père Gérard a eu d'importantes responsabilités pastorales dans plusieurs diocèses de France. Maintenant en "retraite active " il prêche des retraites spirituelles tout en étant souvent en service auprès de communautés de l'Arche et de Foi et Lumière." Merci.

Votre question pourra rejoindre d'autres internautes qui vivent une situation proche de la vôtre.

Par ce partage, ensemble nous grandissons dans la foi et l'espérance.

Si votre question ne relève pas de sa compétence, Père Gérard se réserve la possibilité de l'envoyer au service Écoute - Conseil de l'OCH qui prendra le relais.


  • Je suis Pascale, j'ai 50 ans, je suis handicapée moteur et j'en ai marre de tout ! plus envie d'aller à la messe, plus envie de prier, parfois plus envie de rien ! Pourquoi ?

    Chère Pascale,

    Vous connaissez la tristesse et vous n'avez plus envie de rien. Vous avez peut-être aussi un sentiment d'abandon ou de désespoir en pensant que vous ne vous en sortirez jamais. C'est ce que je devine un peu de votre souffrance mais je ne vous connais pas et je ne suis pas handicapé moteur. Je me garderai donc bien de donner une réponse toute faite à votre "pourquoi ?" Simplement je vous partage ceci : je ne crois pas qu'il soit très utile de nous demander le pourquoi de nos épreuves car la plupart du temps il n'y a pas de réponse ni d'explication devant le mystère du mal et de la souffrance. Par contre je crois important de se demander : qu'est-ce que je veux faire et peux faire avec cette situation ? Quelles ressources puis-je trouver en moi-même ou dans ma foi ? 

    Quelles aides possibles dans mon entourage ou chez mes amis ?  Parfois on souffre tellement qu'on ne peut même pas se poser ces questions. Il reste à attendre en essayant de ne pas s'enfermer dans la tristesse ou le désespoir.

    Ne manquez pas de dire au Seigneur que vous en avez " marre de tout ".

    Ça suffit comme prière dans de tels moments. Dites-Lui même que vous n'avez plus envie de prier. Ainsi vous resterez en contact avec Lui. En ce qui concerne la messe je crois qu'il est bon de se redire qu'on n'y va pas d'abord parce qu'on en a envie mais d'abord parce qu'on en a besoin. Nous savons combien la force et la lumière de Jésus nous sont nécessaires et c'est principalement à la messe qu'elles nous sont données. Il reste que cette démarche peut être également impossible quand on souffre trop moralement ou physiquement et qu'on n'a plus goût à rien. Ce n'est pas grave mais il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps car plus on s'éloigne de la source, plus on a des difficultés pour la retrouver.

    Chère Pascale, alors que vous vivez une telle épreuve je suis sûr qu'il y a eu, qu'il y a et qu'il y aura de beaux moments dans votre vie : des rencontres d'amitié, une belle musique, un bon livre, un beau paysage et peut-être parfois le sentiment de la présence de Dieu...Ce sont quelques étoiles dans ce qui est parfois pour vous une nuit épaisse. N'oubliez pas ces étoiles ! Je souhaite qu'elles vous permettent de tenir et même d'avancer et je prie pour vous.

  • Céline : Ma fille ne réagit pas comme les autres à la messe, elle peut perturber l’assemblée par son agitation. Quelle place lui donner alors que le regard des paroissiens est pesant ?

    Chère Céline,


    Ce n'est sans doute pas toute l'assemblée qui est parfois perturbée par l'agitation de votre fille mais peut-être seulement quelques personnes qui se trouvent à proximité. Quoiqu'il en soit, votre fille a sa place à la messe et même une place prioritaire. Ne vous cachez donc point dans un coin de l'église pour qu'elle ne dérange personne. Évidemment si parfois l'agitation dure en étant trop bruyante, sans doute vaut-il mieux sortir un moment avec votre fille.
    J'ai souvent dit au cours d'une messe du dimanche : " Ce ne sont pas les enfants ou les personnes avec un handicap qui me dérangent quand elles font un peu de bruit. Ce sont les personnes qui les regardent plutôt que d'écouter ou de prier." Essayez de ne pas tenir compte de ce que vous appelez le regard pesant des paroissiens. Si ces assemblées constituaient vraiment une communauté, les paroissiens montreraient de la compréhension et redoubleraient de gentillesse et de discrétion à votre égard et à l'égard de votre fille plutôt que d'ajouter de la souffrance à la souffrance. Pour vous dire à quel point je suis en réaction devant ces comportements anti-évangéliques, je vous avoue qu'il m'est arrivé de dire : " Je crois qu'il nous faut prier ainsi: Seigneur, donne-nous des pauvres intéressants et qui ne nous dérangent pas trop." Tenez bon, Céline ! Jésus, Lui, accueille toujours votre fille.
     

  • Rémi : Ma femme est victime de TOC qui pourrissent la vie de famille, je n’en peux plus, comment continuer à l’aimer ?

    Cher Rémi,

    Quand l'épreuve est si quotidienne et si spéciale et que la vie conjugale et familiale en est perturbée, je comprends qu'on arrive à se poser des questions comme celle que vous me soumettez. Quand il est difficile de persévérer dans l'amour il est important de se rappeler que ce ne sont pas les résultats de nos actes qui ont de la valeur aux yeux de Dieu mais le degré d'amour qui les inspire. Peut-être qu'à certains moments vous n'en pouvez plus et c'est là que vous vous demandez comment continuer à aimer... Je me permets ce conseil : puisque vous voulez continuer d'aimer votre épouse et votre famille en prenant soin d'elles, n'oubliez pas de prendre soin de vous ! Si vous pouvez de temps à autre sortir quelques heures, si vous pouvez même vous absenter quelques jours, si vous pouvez vivre quelques instants de recueillement dans le silence d'une église, n'hésitez pas ! Ce ne sera ni une fuite, ni de l’égoïsme. Ce seront des moments nécessaires pour " recharger vos batteries". Vous en avez besoin pour tenir le coup.