Père Gérard vous répond

Posez votre question à frère Marc

Vous trouverez ici des extraits de réponse à quelques questions qui ont été posées au Père Gérard.

"Père Gérard a eu d'importantes responsabilités pastorales dans plusieurs diocèses de France. Maintenant en "retraite active " il prêche des retraites spirituelles tout en étant souvent en service auprès de communautés de l'Arche et de Foi et Lumière." Merci.

Votre question pourra rejoindre d'autres internautes qui vivent une situation proche de la vôtre.

Par ce partage, ensemble nous grandissons dans la foi et l'espérance.

Si votre question ne relève pas de sa compétence, Père Gérard se réserve la possibilité de l'envoyer au service Écoute - Conseil de l'OCH qui prendra le relais.


  • Marc : Mon fils de 9 ans est atteint d'autisme associé à un retard mental léger. Il vient avec moi à la messe et à la catéchèse. Et je lui parle de Jésus etc... Je vois bien malheureusement que le mystère de l'Eucharistie est complètement incompréhensible pour lui. J’aimerais beaucoup qu’il communie mais je doute que cela ait du sens pour lui. Alors si ce n’est que pour répondre à mon propre désir, est-ce juste ?

    Cher Monsieur,

    Votre questionnement est bien légitime. Il m’habitait parfois lorsqu’au début de mon ministère je me réjouissais de pouvoir donner les sacrements à des enfants ou des adultes ayant un handicap. Je les voyais paisiblement confiants ou très distraits ou agités. Un bon nombre d’entre eux ne s’exprimaient pas : ni par la parole ni par un langage non verbal. Je me disais parfois : " ça n’a pas de sens pour eux… il ne comprennent pas " . Maintenant je ne me laisse plus habiter par ce genre de pensée. Tout d’abord je ne suis jamais sûr que ce soit totalement incompréhensible pour eux. C’est possible mais je n’en sais rien. Par contre ce dont je suis sûr, ce que je crois, c’est que les sacrements sont d’abord des signes (efficaces mais non magiques !) de l’amour de Dieu pour nous et non pas d’abord des démarches que nous ferions pour Dieu et qui auraient de la valeur seulement dans la mesure où nous aurions bien compris ce que Dieu nous offre là.

    Notre foi est souvent si pauvre, si fragile ! Nous l’exprimons comme nous pouvons. Certaines personnes avec un handicap ne peuvent pas l’exprimer du tout. Par contre nous savons que Dieu les aime et les appelle à la vie éternelle dans son amour. Les sacrements sont un avant-goût de cette vie. Nous voulons donc faire participer les personnes avec un handicap aux signes de l’amour de Dieu dont vivent les membres de leur famille, de leur communauté, de l’Eglise.

    Je ne sais pas quel effet les sacrements peuvent avoir dans la vie des personnes qui ont un handicap limitant leur compréhension dans l’expression et les relations. Par contre je sais par expérience que le fait qu’elles reçoivent les sacrements a de l’effet sur les membres d’une assemblée chrétienne et questionne ceux qui se disent non pratiquants et même certains qui se disent incroyants ou en recherche. Les petits et les faibles sont ainsi parfois missionnaires sans le savoir. (Voyez page 28-27 du récent livre d’Elisabeth de Fontenay Gaspard de la nuit ; Ed Stock)

    N’hésitez pas à conduire votre enfant à l’Eucharistie dans une assemblée accueillante. Même s’il ne peut pas dire sa foi, sa démarche dira que Dieu l’aime et qu’Il aime chacune de ses créatures sans exception.

  • Kathy : Je suis très attachée à mon père spirituel et je redoute le jour où il ne sera plus là pour m’épauler. En Septembre il change de paroisse. Fragile psychologiquement, je me sens abandonnée et vois déjà le gouffre dans lequel je suis sûre de tomber. Cela m’obsède.

    Chère Kathy,

    Quand les liens d’une relation vraie et profonde vont se distendre ou même être coupés, c’est toujours une souffrance. Ceci est donc valable aussi pour cette relation si particulière qu’est l’accompagnement spirituel. Je comprends bien l’inquiétude qui vous habite alors que vous avez appris que votre père spirituel va s’en aller. Votre réaction est normale, pour une part. N’oubliez pas cependant que c’est pour être conseillée dans votre recherche pour faire la volonté de Dieu et suivre Jésus qu’un jour vous avez voulu avoir le soutien d’un père spirituel. Celui-ci, en vrai père spirituel, a dû avoir le souci de vous attacher au Christ et non pas à lui. Vous l’avez apprécié, vous lui êtes reconnaissante. Rendez grâce à Dieu pour le bout de chemin que vous avez fait ensemble et dans la confiance, laissez ce prêtre aller où le Seigneur l’appelle maintenant. Ayez aussi confiance en vous puisque c’est à Jésus que vous êtes attachée. Cherchez un autre père spirituel. Il ne sera pas exactement le même que celui qui vous quitte. Après un temps de découverte mutuelle, il vous apportera son aide au nom de Jésus. Non, vous n’allez pas « tomber dans un gouffre », (comme vous me l’écrivez ) puisque Jésus est avec vous et qu’il continuera de vous aider par un autre de ses serviteurs.

     

  • Dominique : Je me sens très vulnérable. Je ne peux plus voir de croix dans les églises, cela me rappelle ma souffrance.

    Chère ( ou cher ) Dominique,

    Vous vivez une difficulté un peu particulière. Peut-être que, pour un temps, il vaut mieux que vous ne regardiez plus la croix dans les églises. Mais pour ne pas oublier que la croix conduit à la résurrection vous pourriez vous procurer une image évoquant la résurrection de Jésus ou mieux, la reproduction d’une icône appelée La descente aux enfers. On y voit Jésus victorieux de la mort, de la souffrance et du péché qui a cassé les portes du lieu où se trouvent ceux qui attendent un sauveur. Il tire par la main Adam et Ève, représentant les premiers humains, et avec eux tous ceux qui, hier et aujourd’hui, se laissent saisir par lui pour entrer dans l’amour de son Père. Viendra alors pour vous, je l’espère, un deuxième temps où la croix vous rappellera non pas d’abord la souffrance mais le don d’amour de Jésus pour nous tous alors qu’Il souffrait. Si on plante ou suspend des croix, si nous portons des croix, si nous faisons le signe de la croix c’est d’abord pour nous rappeler cet amour divin et en témoigner. Il ne s’agit pas de nier la souffrance mais de croire que Jésus l’a connue aussi, qu’il l’a traversée pour ressusciter par la force de son Esprit. Chrétiens nous avons part à cet Esprit de Jésus. Il ne supprime pas toujours nos souffrances mais nous donne de les porter, de les traverser. La foi chrétienne nous invite à ne jamais séparer la croix de la résurrection. C’est ce que nous appelons le Mystère pascal.