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Vous êtes concernés par la maladie ou le handicap,
le service Écoute - Conseil de l’OCH répond à vos questions.

Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de questions et leurs réponses.

Si vous souhaitez poser une question, cliquez ici,

N'hésitez pas à nous appeler au 01 53 69 44 30

  • les lundi, mercredi, jeudi de 9h à 13h et de 14h à 18h,
  • le mardi de 14h à 18h
  • et le vendredi de 9h à 13h et de 14h à 17h.

  • Claire : Les relations avec ma fille de 35 ans ont toujours été difficiles et ont aujourd’hui tendance à s’aggraver : difficultés à gérer son budget, instabilité affective, rejet ou reproches de ne pas assez l’aider vis à vis de nous, ses parents. Comment faire ?

    C’est une situation bien délicate que celle d’aider un enfant adulte qui a de réelles difficultés à gérer sa vie, mais qui est en même temps dans le refus de toute aide ou de toute dépendance vis à vis de ses proches. On reste longtemps dans l’idée que ces jeunes adultes ont une adolescence qui se prolonge ou sont dotés d’une personnalité marginale, et que les choses s’arrangeront peu à peu. Et il n’en est rien, les choses ont plutôt tendance à s’accentuer avec le temps qui passe.

    Plusieurs éléments, qui peuvent être le signe d’une fragilité psychique, sont à prendre en compte : l’instabilité, de la vie affective, des humeurs, les relations difficiles avec les proches, la difficulté à gérer son quotidien, autant dans le budget que la vie de tous les jours (rangement, le soin de son corps…), une force d’inertie qui rend le lever difficile, des projets mais une grande difficulté à les mettre en acte…etc. A cela peuvent s’ajouter des signes inquiétants qui sont ceux de la rupture du lien avec la famille ou les amis, l’isolement, la perte de travail qui permet de garder un cadre et des repères dans sa vie.

    C’est une situation de grande souffrance pour la personne, mais aussi pour les proches, qui voient peu à peu les choses se dégrader en étant impuissants, dans l’incompréhension de cette personnalité qui nous échappe, et la tristesse de voir combien il est compliqué de rester en lien.

    Le premier pas est celui de comprendre, nous la famille, que cette personne est sans doute atteinte d’une fragilité psychique et donc pas complètement responsable de tout ce qu’elle n’arrive pas à faire. Ce chemin des proches permet déjà de considérer la situation sous un autre angle, de comprendre qu’avant tout cette personne est en grande souffrance. L’objectif ici est de pouvoir l’amener à consulter afin d’évaluer la situation avec un professionnel et peut-être d’accéder à un parcours de soin. Arriver à cela demande beaucoup d’empathie, de délicatesse et de temps, car bien évidemment, la personne ne se considère pas comme malade (et a plutôt tendance à penser que ce sont les autres qui ne font pas ce qu’il faut, qui ne vont pas bien…) Il faut peu à peu inciter la personne à se faire aider en lui disant par exemple : « Je vois que tu souffres, que la vie est difficile pour toi, et je suis sûre que tu pourrais être aidée par des professionnels. Que penserais-tu d’aller voir quelqu’un qui puisse comprendre ce que tu vis  et te soutenir pour que ce soit moins difficile ? »

     

  • Mathias : j’ai l’impression que parce que ma fille handicapée a une famille avec ses deux parents, les foyers ne s’intéressent pas à sa candidature

    La recherche d’un foyer d’accueil pour son enfant handicapé est une démarche qui peut demander beaucoup de patience pour des parents. Les demandes sont nombreuses et les places si rares.

    Vous avez entrepris ces démarches auprès de plusieurs établissements qui vous semblent peu réagir à votre dossier. Cette impression de manque d’intérêt vient-elle de réflexions entendues ou simplement du manque de « retour » depuis que vous avez déposé votre dossier ?

    Les établissements prennent en compte divers « critères » pour raisonner l’accueil de nouvelles personnes dans leur établissement : l’urgence de la situation et le contexte familial en font partie mais également l’âge et le sexe de la personne, son expérience de la communauté peut être, son niveau d’autonomie …, pour s’assurer du bon équilibre du groupe de personnes accueillies. Peut-être pouvez-vous demander à rencontrer les responsables des établissements que vous sollicitez pour aborder avec eux la situation de votre fille, ses besoins, son projet de vie et pour les questionner sur son adéquation avec ce qu’ils proposent et sur leurs possibilités d’accueil.

     

  • Adrien : Ma psychiatre m’a demandé de reprendre mon travail alors que je ne m’en sens pas la force. Que faire ?

    Votre psychiatre vous connaît certainement bien pour vous faire une telle invitation avec autorité. Avez-vous pu lui demander quelles étaient ses motivations ? Voyez l’indication de votre psychiatre comme un conseil. Elle ne souhaite certainement pas vous mettre en danger. Elle est là pour vous encourager, pour construire avec vous votre projet

    Vous ne vous sentez pas assez fort pour travailler. Pouvez-vous adapter votre travail à votre fragilité et réfléchir à ce qui vous semble le plus difficile ? Si des peurs vous habitent ou que des expériences douloureuses vous freinent, confiez-les à votre psychiatre pour qu'elle s'ajuste si besoin.

    Est-ce la première fois que vous avez cessé de travailler à cause de votre maladie ? Vous n’avez certainement pas perdu toutes vos capacités et vos talents .Appuyez-vous sur ce que vous avez déjà réussi et réfléchissez avec votre psychiatre et avec ceux pour qui vous travaillez afin que ce retour à l’emploi se fasse dans les meilleures conditions possibles.

    Instaurez du dialogue avec les différentes personnes qui vous accompagnent, la confiance et l'ambition qu’elles ont en vous pourraient être contagieuses !

  • Elena : Le très lourd handicap de mon père a puisé toute l’énergie de ma mère, et aussi la mienne. J’ai le sentiment d’être devenue adulte trop tôt et d’être déjà fatiguée et usée.

    Chère Elena, derrière votre fatigue et votre usure prématurées, j’entends comme une colère sourde.

    La colère de n’avoir peut-être pas eu le choix mais d’avoir été privée d’une enfance légère.

    La colère d’avoir accepté de vous donner sans discuter certes mais d’être allée au-delà de ce que vous pouviez faire par amour filial.

    Vous souffrez de la situation de vos parents et comme tout enfant vous aimeriez pouvoir vous appuyer sur eux au lieu de l’inverse. Cela est légitime. Ne craignez pas de l’exprimer.

    Cela ne vous empêche pas non plus d’être consciente de la souffrance de chacun d’eux dans ce qu’ils vivent que ce soit dans l’acceptation du handicap ou dans le service à l’autre.

    Ils vivent de leur mieux dans un don choisi l’un envers l’autre.

    Alors que de votre côté ce don de vous-mêmes est parfois ressenti comme un poids, une injustice, une obligation.

    Mettre des mots sur ce que vous vivez est important.

    Echanger avec d’autres peut aider à se sentir moins seule.

    Pour cela vous pouvez rejoindre le 18 novembre prochain sur Paris le groupe des personnes ayant grandi avec un parent handicapé.

    Ce sera une journée de topos, d’ateliers, de temps de réflexions etc...

    Vous pouvez aussi prendre contact directement avec l’équipe Ecoute-Conseil pour en parler.

    Pour plus de renseignements n’hésitez pas à appeler l’OCH au 01 53 69 44 30

     

     

     

  • Christian : Ma femme est malade, elle monte les enfants contre moi, comment apaiser cette situation ?

    La souffrance de votre femme agit un peu comme une vague qui déferle au sein de la famille et touche chacun en fonction de ce qu’il est et de ce qu’il vit. Ce que vous ressentez est peut-être la conséquence de la crainte éprouvée par votre épouse de voir ses enfants s’éloigner d’elle du fait de sa maladie et par contrecoup le désir conscient ou non de les garder pour elle, pour elle seule, par tous les moyens possible. Ce qui provoque ce que vous exprimez : le fait qu’elle les monte contre vous. En avez-vous parlé avec vos enfants ? Ressentent-ils la même chose que vous ? Peut-être sont-ils à même de prendre du recul et de faire la part des choses. Mais peut-être aussi vous faut-il être patient et confiant et attendre qu’ils aient la maturité suffisante pour discerner entre ce qui relève de l’amour vrai d’une mère et ce qui relève de la manipulation. La sérénité ne pourra retrouver sa place que si la confiance entre vous demeure et si l’espérance que la situation peut changer habite chacun des cœurs.