Mon frère handicapé

© Jen Evelyn Ann | Unsplash

Mon frère handicapé

« Ce n’est pas tout rose, mais c’est mon frère et je l’aime ! ». Albane conclut ainsi son témoignage sur le magazine « madmoiZelle.com ». Elle y décrit la relation complexe qu’elle a avec son frère handicapé.

« Toute mon enfance, j’ai ressenti beaucoup de haine pour lui ». Et d’expliquer tout ce qu’elle n’a pas pu faire, du fait du handicap de ce frère : parc d’attraction, vacances au ski, cinémas, et autres loisirs où elle voyait ses amies aller avec leurs parents. Mais pas elle, tant le handicap du frère ainé était lourd. « Je souhaitais qu’il disparaisse pour avoir enfin une famille normale » se souvient-elle. « J’avais l’impression que mes parents ne m’aimaient pas autant que lui… mon frère me privait du temps que j’aurais pu passer avec eux ». A l’adolescence, elle avait tellement honte qu’elle cachait son existence à ses amis, même si le poids du secret était bien lourd.

Comment Albane a-t-elle pu passer de cette haine apparente à l’amour qu’elle lui voue aujourd’hui ? Tout simplement parce qu’elle a rencontré des professionnels bienveillants à qui elle a pu en parler. « Ça m’a fait du bien de parler sans jugement » dit-elle. « J’ai commencé à plus assumer, … certains de mes amis ont rencontré mon frère et ont été impressionné de l’émotion qu’il dégage ». Et la jeune femme de découvrir peu à peu les qualités de ce frère, ses goûts, sa mémoire impressionnante, son oreille absolue, qui lui permet de reproduire des mélodies au piano : « dans ces moments, qu’est-ce que je suis fière de lui ! » dit-elle. Des difficultés demeurent, mais aujourd’hui, il a une place déterminante dans sa vie.

C’est pour des personnes comme Albane que l’OCH organise une journée des frères et sœurs d’une personne malade ou handicapée : pouvoir s’écouter avec bienveillance sur tout ce qu’on ressent ; se faire conseiller par des professionnels avisés ; découvrir que si je hais son handicap ou sa maladie, j’aime mon frère ou ma sœur, même si cet amour est encombré ; comprendre que la meilleure façon de l’aimer, c’est de m’autoriser à être heureux, et à construire ma vie sur tous les plans, amoureux, professionnel, social

Cette journée a lieu samedi 18 mai, à Paris et Clermont-Ferrand. Chers amis, faites-leur connaitre cette journée ! Ils en ont besoin, comme le révèle si bien Albane.