Le sacrement de réconciliation nécessaire pour une personne handicapée ?

Personne handicapée avec un prêtre pendant le sacrement de réconciliation

Guillaume, séminariste : Est-ce qu’une personne handicapée, qui ne semble pas regretter son péché à cause de son manque de maturité, a besoin du sacrement de réconciliation ?

Cher Guillaume, 

Considérer les sacrements d’abord comme une démarche de l’homme croyant c’est s’engouffrer dans une impasse.

Les sacrements sont d’abord une démarche de Dieu envers nous pour nous sanctifier. C’est d’abord le Christ qui m’invite à l’Eucharistie et pas d’abord moi qui décide d’y aller parce que je serais prêt ou digne ou que j’aurais tout compris. Nous accueillons ces dons de Dieu avec la foi et la raison dont chacun de nous est capable. En dehors de cette perspective, nous ne pourrions que refuser de célébrer le Baptême pour des bébés ainsi que les autres sacrements pour des personnes qui ne sembleraient pas avoir une maturité suffisante pour les comprendre en profondeur et manifester leur foi.

Le sacrement de la Réconciliation est constitué de plusieurs réalités que le fidèle est appelé à reconnaître, à vivre et à célébrer selon toutes ses possibilités : le discernement sur la vie à la lumière de la Parole de Dieu, l’accusation des péchés, l’expression du repentir et de la volonté de se convertir, un éventuel dialogue avec le confesseur, l’accueil de l’absolution, l’accomplissement d’une pénitence et l’action de grâces.

Certaines personnes marquées par un fort handicap mental, ne peuvent pas vivre avec une pleine conscience toutes ces étapes du sacrement mais seulement une partie d’entre elles. Dans les communautés de Foi et Lumière et de l’Arche, je célèbre ce sacrement avec des personnes qui ne peuvent pas parler et dont j’ignore même quelle conscience elles ont du péché. Il est pour moi impensable qu’elles soient écartées de ce signe efficace de la miséricorde de Dieu qui n’est pas donné à une personne seulement dans l’intimité mais qui a aussi une dimension communautaire dans une Eglise qui ne doit pas cesser de célébrer et proclamer la miséricorde pour tous. Je dis, par exemple à Christophe ou à Armando : « Jésus t’aime. Il sait ce qu’il y a dans ton cœur. Il est avec toi. Puisque tu viens prier Jésus avec nous, que tu te tournes vers Lui, Il te pardonne si parfois tu n’as pas aimé ou que tu ne t’es pas laissé aimer. » Et je prononce les paroles sacramentelles d’absolution en me rappelant que c’est Dieu qui pardonne en Jésus et pas moi !

J’ai rencontré des jeunes assistants de l’Arche qui ont voulu approfondir le sens de ce sacrement après y avoir accompagné des personnes avec des handicaps mentaux profonds. Ils ont compris que Jésus ne refuse à

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