Chroniques

L’hymne à Marie Océane

Marie OCéane
© C Douillet

Lors de ma chronique de janvier 2020 (1), à la suite de Jean-Christophe Parisot, je formais le vœu qu’on reconnaisse les personnes porteuses d’un handicap comme « atout pour la société ».

Et comme l’ont écrit Saint Jean-Paul II et le Pape François, les personnes porteuses d’un handicap ont une place privilégiée dans le cœur de Dieu.
Vous connaissez sans doute l’hymne à l’Amour – pas celui d’Edith Piaf, celui de Saint Paul (2). Ce texte magnifique est une description de ce qu’est l’Amour dans le cœur de Dieu et répond à Saint Jean quand il écrit « Dieu est Amour » comme synthèse du message du Christ et de toute la Bible.
La dernière fois que je l’ai entendu, une sorte de révélation m’a incité à me demander ce que cela donnerait en remplaçant dans ce texte « l’Amour » par « Marie Océane », notre grande fille porteuse d’un polyhandicap sévère. Quelle idée ! Petite lubie de papa extrêmement fier de sa grande fille en ce jour de fête des Pères ?
Eh bien cela matche plutôt bien (comme diraient les jeunes @Tinder 😉 ) :

• Marie Océane prend patience : tous les jours, pour attendre qu’on s’occupe enfin d’elle.

• Marie Océane rend service : à tous ceux qui veulent bien prendre le temps de s’occuper d’elle, elle leur fait découvrir leur vraie nature, la force du don de soi, l’importance de la tendresse et de la joie même si la vie est souvent extrêmement difficile.

• Marie Océane ne jalouse pas, ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil : ces sentiments lui sont totalement étrangers.

• Elle ne fait rien d’inconvenant : roter en public, cela peut certes surprendre en société, mais avec elle, c’est juste une façon d’exprimer qu’elle a bien mangé, comme dans beaucoup de pays.

• Elle ne cherche pas son intérêt, ne s’emporte pas, n’entretient pas de rancune, ne se réjouit pas de ce qui est injuste mais elle trouve sa joie dans ce qui est vrai : alors là, on dirait vraiment que cela a été écrit pour elle.

• Elle supporte tout, elle espère tout et fait confiance en tout : dans sa totale dépendance à ceux qui s’occupent d’elle.

• Elle endure tout : elle est d’un courage incroyable et dans les pires moments, lors des crises d’épilepsie, lorsqu’elle se fait vraiment mal ou lors de ses nombreux séjours à l’hôpital, elle ne pleure jamais et, comme je le disais dans ma chronique précédente, elle a plutôt tendance à nous faire de discrets sourires pour nous rassurer.

Quand je vous disais que Marie Océane est un amour, atout pour la Société et bien-aimée de Dieu…

Hubert Saillet, ombresetlumiere.fr – 22 juin 2020

(1) « Personnes handicapées, collaboratrices de la fraternité ».
(2) Première lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens Chapitre 13.

Hubert Saillet est père de cinq enfants, dont Marie-Océane, qui est polyhandicapée. Il est membre, avec son épouse, d’une communauté Foi et lumière à Compiègne (Oise).

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