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Un projet de vie pour les personnes en état végétatif

« Réveille-toi, tu as de la visite !». Sophie s’adresse ainsi à Olivier, son mari, en lui caressant tendrement la joue. Elle le présente au journaliste de l’AFP qui  enquête sur cette unité de soins qui accueille des patients dont la conscience est altérée. C’est le cas d’Olivier. Depuis quatre ans, à la suite d’un grave accident de la route, il est plongé dans un état végétatif. Ses yeux s’ouvrent à l’appel de sa femme, mais il n’y aura pas de réponse. Nourri et hydraté artificiellement, il respire sans assistance, comme les neuf autres patients de cette unité spécialisée, tous en état de conscience minimale ou en état végétatif chronique. Le plus ancien est là depuis 35 ans.

« Il peut encore vivre longtemps, il n’a jamais eu une vie aussi saine », plaisante Sophie auprès du journaliste. Tous les week-ends, elle ramène son mari à leur domicile où il peut ainsi être en présence de certains de ses enfants et petits-enfants. L’un d’entre eux, 4 ans, l’appelle « mon papy qui parle pas ». Et Sophie d’ajouter : « je ne sais pas ce qu’il peut comprendre, mais une relation différente s’installe, il continue à faire partie de nos vies ». Dans l’unité de soin, chaque matin, comme chacun des pensionnaires, Olivier est levé, habillé, assis dans un fauteuil. Le personnel s’adresse à lui à haute voix. Car dans l’impossibilité d’évaluer le degré de conscience de ces personnes, la consigne est qu’on s’adresse à eux comme si ils étaient conscients. Par ailleurs, Olivier bénéficie de séances de kinésithérapies, et de toutes sortes de stimulations multi-sensorielles, qui rythment son quotidien.

Le journaliste révèle que pour chacun, un « projet de vie » est élaboré avec les familles : les histoires qu’elles racontent, les photos dont elles peuvent tapisser la chambre, visent à éviter toute dépersonnalisation de ces patients immobiles et silencieux. Le médecin-chef interviewé explique que dans de telles unités de vie, avec ces projets de vie, il n’existe pas de demande d’arrêt de soins.

En lisant ainsi ce reportage, j’ai évidemment pensé à Vincent Lambert, dont la situation est très semblable à celle d’Olivier. Je me suis mis à espérer qu’en cette rentrée, il trouve cet accompagnement médical et humain dont il a besoin, et dont bénéficie Olivier. Qu’ainsi sa famille puisse retrouver le chemin d’un dialogue et d’une réconciliation pour lesquels nous pouvons les uns et les autres prier. Et qu’ainsi cesse définitivement le brouhaha médiatique qui attise les passions. Car la mise en scène des émotions ne vaut pas argumentation et n’est pas à la hauteur des enjeux !