Médiathèque

Chronique Radio

La Miséricorde nous rejoint dans l’extrême vulnérabilité

« Quand on m’a dit que mon fils allait mourir, j’ai décidé de tout mettre en œuvre pour que Gaspard, et nous tous autour de lui, ayons une vie belle sur terre ». Marie-Axelle témoigne ainsi avec Benoit, son mari, de leur vie avec Gaspard, petit bonhomme de trois ans. Gaspard est atteint d’une maladie dégénérative qui lui fait perdre peu à peu toutes ses fonctions, et le condamne à une mort proche. Quand ils l’ont appris, le choc a été terrible, et Benoit selon ses propres mots, « s’est trouvé au fond du précipice », avant que l’énergie et l’espérance de sa femme ne l’en sortent progressivement.

Ils confient à la revue Ombres et Lumière leur chemin avec Gaspard et leurs trois autres enfants, un chemin qui les a fait peu à peu changer du tout au tout, pour se recentrer sur l’essentiel : « ça a soudé notre couple et nos familles, - disent-ils – raffermi nos amitiés, enrichi notre vie de prière, changé la manière d’éduquer nos enfants… On veut avoir une vie pour aller au Ciel avec Gaspard ».

Cette vie avec Gaspard, pourtant si violemment éprouvée, se révèle mystérieusement féconde bien au-delà de leur cercle familial. Ils ont ouvert une page Facebook qui devient comme un vase communicant. C’est ainsi que s’est développée autour de Gaspard ce qu’ils nomment « une communauté d’amour participative » d’une richesse et d’une intensité qui les émerveillent. Une profonde amitié s’est créée avec des couples qui ont un enfant atteint de la même maladie, juifs, musulmans.

Toute la petite famille est partie à Lourdes. Un millier d’intentions leur ont été alors adressées par cette communauté d’amour, qu’ils ont déposées à la Grotte, confiant qui un fils divorcé, qui un mari malade, qui une maman décédée… tant et tant de souffrances, mais aussi tant d’espérance, un peu à l’image de leur propre vie avec Gaspard. « La Miséricorde de Dieu a permis d’ouvrir mon cœur – explique Marie-Axelle ». Et Benoit d’ajouter « Elle a augmenté notre sensibilité à la souffrance des autres. Notre seul but sur la terre, c’est d’aimer. Nous avons beaucoup de chance malgré tout ».

Leur témoignage nous rappelle que c’est dans l’extrême faiblesse de notre condition humaine que la Miséricorde de Dieu nous rejoint et nous console, pour que nous en devenions à notre tour des témoins et des passeurs.

Philippe de Lachapelle