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Les pauvres sont le trésor de l’Eglise

« La vie des personnes fragiles se joue non seulement dans les lois à venir, mais d’ores et déjà dans la rencontre. Cette dernière conduit à l’action ». Ces mots sont de Marie-Caroline Schürr, qui porte un lourd handicap moteur. Cette jeune femme d’une trentaine d’années revient en ces termes sur la soirée organisée par les Evêques de France avec le Président de la République le 9 avril dernier aux Bernardins. Elle faisait partie de la délégation OCH.

On a beaucoup commenté cette soirée, notamment pour les échanges qu’elle a permis sur la question de la laïcité. Mais au-delà des discours, il y a eu le rôle puissant des personnes fragiles tout au long de cette soirée. Sur l’estrade d’abord, avec les témoignages pleins d’humanité des binômes, accompagnants / accompagnés, de trois associations, dont celui de l’OCH : Samuel, autiste, et son frère Florent ont pu interpeller et partager leur espérance d’une vie belle et entière, dans un témoignage plein d’émotion et de tendresse, qui a marqué les esprits et les cœurs.

Mais il y a eu aussi ce qui s’est passé hors champ des caméras. Charlotte, petit bout de femme handicapée mentale, applaudissant et saluant, qui au bout des deux heures de discours commençait à pousser quelques cris d’impatience. Ces longues minutes d’échange qu’Emmanuel Macron a pu avoir avec les autres personnes handicapées de l’OCH, Samuel, Gilbert, et Marie-Caroline, qui en a été marquée. « Emmanuel Macron s’est mis à genoux devant moi » dit-elle du haut de son fauteuil : « ça vaut tous les discours. Un Président de la République qui se met à la même hauteur que moi. J’ai eu le sentiment que pour lui, ma vie avait de la valeur. Je me suis dit qu’il valait le coup que je me batte pour les personnes handicapées ». Oui, la rencontre des plus fragiles est féconde parce qu’elle touche les cœurs où l’Esprit Saint est à l’œuvre.

Ce qui fait dire à Cyril Douillet, rédacteur en chef de la revue Ombres et Lumière, en citant Saint Laurent : « Les pauvres sont le trésor de l’Eglise. Si le Président a perçu quelque chose de cela, et touché, même de façon infime, au mystère de la Croix et de la Résurrection qu’ils manifestent, alors cette soirée, au-delà des aspects politiques, n’aura pas été vaine ».

Philippe de Lachapelle