Médiathèque

Chronique Radio

Conjoints d’une personne malade ou handicapée

« J’ai une confiance profonde en l’avenir, même si j’ai parfois le sentiment de marcher sur les eaux… ». C’est par ces mots que Sabine parle dans Ombres et Lumière de sa vie avec Laurent, son mari depuis dix ans. Laurent est atteint d’une maladie dégénérative qui le prive peu à peu de ses capacités physiques. Ils sont parents de trois enfants.

« Le handicap n’est pas en soi un obstacle à une vie de couple » continue Sabine, qui pour autant ne cache pas les difficultés : ces moments quand Laurent n’en peut plus, ou encore ce sentiment de ne jamais avoir d’espace de liberté. « Moi seule peut me lever la nuit pour les enfants, remplir les papiers, les factures, les impôts, … Il m’arrive de trouver ça bien lourd, de me sentir seule ». On comprend ce que veut dire pour elle « marcher sur les eaux ». Une expérience d’immense fragilité sous-tendue par une foi profonde : « Je m’appuie sur la Croix de Jésus. Qui d’autre pourrait donner un sens au mystère de l’Alliance entre l’homme et la femme, et la force pour porter l’épreuve de la souffrance ? ». Il y a aussi les amis, « les vrais – dit-elle- qui sont un appui essentiel pour se porter les uns les autres ».

Ils sont plus nombreux qu’on ne le pense, ceux qui ont un conjoint malade ou handicapé. Il y a ceux qui se choisissent ainsi, comme sabine et Laurent. Mais aussi ceux pour qui la maladie ou le handicap font irruption dans leur vie conjugale : accident, maladie physique ou psychique, … Chaque histoire est singulière, mais tous vivent des réalités qui se ressemblent. Les regards : « si nous marchons en amoureux dans la rue, on nous dévisage ». Les indélicatesses : « Comme tu es courageuse, ça ne doit pas être facile tous les jours ! ». Parfois même la dureté : « assume, puisque tu l’as choisi ainsi, ou que tu décides de rester avec lui ou elle ». Sans compter l’incertitude pour l’avenir, la solitude…

Mais il y a aussi beaucoup de belles choses à vivre qu’eux seuls semblent comprendre parfois : humour, tendresse, espérance, confiance … « Comme si le handicap était un aiguillon pour stimuler la vie conjugale », témoigne Cédric. C’est pour qu’ils puissent partager ensemble les richesses et s’aider devant les difficultés que l’OCH organise une journée des conjoints d’une personne malade ou handicapée. Elle a lieu le 30 novembre à Angers et à Paris. Ce n’est pas toujours simple pour un conjoint de se libérer. Les aider à s’organiser pour y venir est un cadeau à leur faire !

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame