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Jean Vanier, le sacrement de la tendresse

On le sait, Jean Vanier a fondé l’Arche, ces lieux de vie partagée avec des personnes handicapées mentales. C’était en 1964, avant toutes les mesures en faveur des personnes handicapées. Aujourd’hui de nombreuses initiatives commencent à s’inspirer de cette idée de vie partagée, pour toutes forme de vulnérabilité : personnes de la rue, personnes handicapées, personnes âgées... Autant dire que Jean Vanier est un précurseur, certains disent un prophète de notre temps.

Fils d’ambassadeur devenu gouverneur général du Canada, la vie de Jean Vanier était toute tracée : suivre les traces de son père en politique. Mais c’est du côté de l’armée, guerre oblige, qu’il a d’abord cherché, en devenant très jeune un brillant officier de marine. Insatisfait, il a ensuite cherché du côté de la philosophie, docteur dont la thèse portait sur le bonheur chez Aristote. Mais sa quête de sens demeurait entière. Et mystérieusement, c’est auprès de personnes qui ne seront jamais reconnues, ni dans les choses de la guerre, ni de la philosophie, qu’il a trouvé sa voie, à 36 ans : les personnes handicapées mentales. Elles dont il a constaté à l’époque combien elles étaient opprimées, alors même qu’elles étaient assoiffées de relation.

Un film vient de sortir, réalisé par Frédérique Bedos, qui rend hommage à Jean Vanier, sous le titre évocateur : Jean Vanier, le sacrement de la tendresse. « Le cœur de l’Arche, c’est la tendresse - dit-il- et le message à transmette est « je t’aime comme tu es ». Ainsi, ce film dévoile comment Jean a enfin découvert ce qu’il cherchait auprès des personnes handicapées : l’amitié inconditionnelle, qui ouvre à la joie. Une joie toute évangélique pour cet ami de Jésus, qu’éclaire la première des béatitudes : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux ».

En cette période de tension dans notre société, qui révèle une immense soif de fraternité et de justice, ce film sur Jean Vanier nous révèle que cela n’est pas une utopie. La rencontre avec les plus vulnérables conduit à la justice et à la fraternité. A chaque fois que j’ose entrer en amitié avec une personne fragile, âgée, handicapée, précaire, je fais grandir notre humanité commune, tout simplement parce que je grandis moi-même en humanité. Là est le message que nous laisse Jean Vanier. A chacun de nous de le vivre !

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame