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Chronique Radio

J’ai grandi avec une mère malade psychique

« J’aime ma maman. J’ai su très tôt faire la part des choses entre la personne et la maladie ». Ces mots sont de Frédérique Bedos, dans le dernier numéro de la revue Ombres et Lumière qui fait son portrait. Frédérique a grandi entre deux familles, celle où elle vit seule avec sa maman malade psychique, et celle d’une famille d’accueil avec une vingtaine d’enfants adoptés, dont plusieurs sont handicapés. Ces séjours dans cette famille aimante se feront de plus en plus longs au fur et mesure que la maladie de sa maman se développe. Frédérique partage sa vie entre l’amour fou de sa maman et l’amour doux de cette famille.

Une vie éprouvée donc qu’elle raconte dans un livre « La petite fille à la balançoire » aux éditions les Arènes : ces visites douloureuses à l’hôpital psychiatrique, où sa maman abrutie de médicaments semble ne pas la voir. Devenir parfois la maman de sa propre mère si dépendante, mais aussi de ses deux petites sœurs qui naitront ensuite, avec le sentiment de ne pas savoir les protéger. Frédérique a connu la dépression. Et pourtant elle déclare : « Malgré toutes mes souffrances, je ne peux pas faire autrement que d’être reconnaissante pour mon chemin de vie. Il m’a façonnée… La gratitude m’habite souvent ».

Frédérique s’est battue pour s’en sortir. Elle est devenue une personnalité du monde de la télévision, en Angleterre, aux Etats-Unis, puis en France. Une vie débordante, travail, sorties, famille, tout va trop vite, un peu comme une fuite de sa fragilité. Elle en prend conscience et décide de quitter les paillettes de son monde artificiel en lançant le projet Imagine : réaliser des films qui mettent en lumière ceux qui sont dans l’ombre pour transmettre un message d’espérance. « J’ai été modelée pour être attentive aux plus fragiles » dit-elle. Jusqu’à ce film sur Jean Vanier, sorti récemment.

L’amour est son moteur, elle pour qui bâtir une grande famille humaine est le défi de notre humanité. Elle puise son énergie dans sa Foi en Dieu, auquel, dans les moments difficiles elle se sent reliée comme par un cordon ombilical. Elle fait sienne cette parole de Jésus : « Vous êtres le sel de la terre ». Ce sel, on pourra en apprécier le goût dans la conférence qu’elle donnera demain mercredi 13 février à La Grande Crypte de Saint Honoré d’Eylau et en direct sur le site de l’OCH partout en France.

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame