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Vivre ce soir de Noël à la suite de Thérèse

« Heureusement que c’est la dernière année qu’on prépare ainsi les cadeaux ! elle est devenue trop grande ! ». Cette phrase agacée est formulée par Louis Martin. Il est fatigué par les gamineries de son adolescente de fille, Thérèse, 13 ans, qui range comme une petite enfant les chaussures dans la cheminée. Thérèse a entendu son papa. Blessée, elle va pleurer dans sa chambre. Et là, le miracle se produit : elle sent une grande force en elle, qu’elle nomme « une grâce », car elle a bien conscience que cela vient de Dieu. Elle redescend apaisée, joyeuse, sa famille ne la reconnait pas tant son comportement est changé. Thérèse, vous l’aurez compris, c’est Thérèse de Lisieux.

C’est la nuit de Noël 1886 que cela s’est passé, et depuis lors, Thérèse entre dans l’âge adulte. Elle devient peu à peu « la plus grande sainte des temps modernes », selon Saint Pie X, et Jean-Paul II la déclarera « Docteur de l’Eglise ». Une véritable conversion donc, qui marque le début de ce qu’elle nommera « la plus belle partie de sa vie ».

Car jusqu’alors, elle était malheureuse, Thérèse. Elle ne s’était jamais remise de la mort de sa maman, toute séparation lui était insupportable, elle pleurait pour un rien. La maladie des scrupules l’avait épuisée, dont elle a écrit :« Dire ce que j’ai souffert pendant un an et demi me serait impossible… ». Sans parler de la grave maladie psychique qui l’avait terrassée auparavant, hallucinations, tremblements, … au point que son père s’était demandé si « sa pauvre petite fille ne va pas mourir ou sombrer dans la folie ».

Thérèse explique sa conversion par ces mots : « En cette nuit ou Jésus se fit faible et souffrant pour mon amour, il me rendit forte et courageuse ». Et c’est comme ça qu’elle expérimente ce qui deviendra la voie de l’enfance, « reconnaitre sa petitesse, et s’abandonner comme un enfant dans les bras du Bon Dieu ».

Ce soir, c’est la nuit de Noël. A la suite de Thérèse, nous pouvons contempler Dieu si vulnérable dans la crèche ; lui apporter nos souffrances, aussi lourdes soient-elles ; et nous abandonner à Lui avec la même confiance : « Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit ». nous dit-elle.

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame