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Vincent Lambert : la vie de chacun est précieuse pour tous.


 

Il est des situations personnelles qui invitent à un silence respecteux. Il en est ainsi de la situation de Vincent Lambert, cet homme en état pauci-relationnel depuis plusieurs années, dont on a tant entendu parler ces dernières semaines. Oui, j’ai envie de me taire devant le mystère de la vie silencieuse de Vincent, dont on sait si peu. Envie de me taire aussi devant la souffrance des membres de sa famille, qui cherchent sans doute chacun ce qui est le meilleur pour lui. Envie de me taire encore devant les divisions qui les déchirent, mais aussi devant l’épuisement des uns et des autres, que l’on devine derrière ces tensions. Tout cela relève d’un intime bien douloureux, qui invite au silence, au respect, à la prière, à l’entraide surtout, pour que la charge soit moins lourde.

Mais ce silence devient bien difficile quand la médiatisation s’empare du « cas Vincent Lambert ». Il est encore bien plus difficile quand certains instrumentalisent avec cynisme cette situation singulière pour revendiquer une position dogmatique sur le droit au suicide assisté et à l’euthanasie. Quel mépris pour les 1700 personnes qui vivent aujourd’hui, comme Vincent Lambert, dans un état pauci-relationnel plus ou moins profond ! Quelle violence pour les proches et les soignants qui accompagnent avec amour et compétence ces vies si fragiles ! Des vies désignées par avance comme « indignes d’être vécues », pour lesquelles donner la mort serait la norme. Chacun est alors poussé à revendiquer cette mort pour lui-même par écrit dès maintenant, s’il ne veut pas basculer un jour dans cette indignité.

Alors, faisant écho à ce qu’écrit Xavier Mirabel, rappelons-nous que « Vincent Lambert, - comme tant d’autres personnes dans la même situation- n’est pas mourant, il est lourdement handicapé. Il n’est pas non plus un légume, terme impropre, dangereux, car jamais un être humain ne perd sa nature humaine, ni sa dignité ». En 1986, le Conseil national d’éthique avait rendu un avis concernant des personnes comme Vincent Lambert : « Ce sont des êtres humains qui ont d’autant plus droit au respect dû à la personne humaine qu’ils se trouvent en état de grande fragilité ». Près de 30 ans plus tard, il semble bien nécessaire de relayer l’appel de Xavier Mirabel « pour qu’un profond travail de pédagogie soit accompli, fondé sur cette réalité : la vie de chacun est précieuse pour tous. » Oui, la vie de Vincent Lambert, comme toute vie, nous est précieuse !