Quand la maladie abime les liens fraternels

Philippe : Notre fille de 20 ans souffre d’anorexie depuis plusieurs mois, nous ne savons plus comment l’aider, sa sœur ne supporte plus cette situation et trouve que nous faisons beaucoup trop pour elle.

Vous dites combien cette maladie, lorsqu’elle touche un membre de la famille, a une incidence dans le quotidien de chacun et génère de la souffrance pour tous, que ce soit les parents ou les frères et sœurs. Le poids devient une telle obsession que la maladie prend toute la place et perturbe grandement les relations et la vie familiale.

Il est difficile pour nous parents de trouver la bonne distance avec ce que vit notre enfant et d’ajuster nos réactions et comportements dans un sens qui puisse l’aider. Etre trop vigilant peut donner une place centrale à la maladie et être difficile à supporter pour l’entourage. C’est sans doute un peu ce que vous dit sa sœur  quand elle trouve que vous en faites trop.

La première chose me semble être du domaine médical lorsque les choses commencent à s’installer, la seule aide familiale ne suffit plus et il est essentiel de consulter.

Votre fille reconnaît-elle son trouble alimentaire et accepte-t-elle d’être suivi médicalement ? Si ce n’est pas le cas, votre rôle est de l’aider à prendre conscience de sa maladie, des troubles qu’elle génère, et de prendre rendez vous auprès d’un spécialiste. Les médecins ou des personnes avisées pourront aussi vous conseiller pour vous ajuster dans votre rôle de parents.

Il existe également des associations qui soutiennent les familles, connaissez-vous par exemple « Autrement » ou « la note bleue » ?

Votre seconde fille souffre visiblement beaucoup de la situation, en avez-vous parlé avec elle ? Comme beaucoup de maladies mentales, l’anorexie est une maladie difficile à comprendre pour les proches. Mieux connaître la maladie et les comportements qu’elle entraîne peut en faciliter la compréhension. En parler ensemble peut aussi vous permettre de vous sentir plus solidaires en famille pour faire face à cette terrible maladie. Dans son ras le bol, votre fille vous dit peut être qu’elle a besoin d’avoir aussi une place, besoin de temps et d’attention…

Pour certaines familles, ce peut être difficile de mettre des mots sur ce qui fait souffrir et dans ce cas, être aidés par un thérapeute peut être utile (en famille ou de façon individuelle).