A l'ombre d'un mot

Relecture

mot Relecture

Relecture, n.f. XVIe s. 1. Action de relire pour corriger. 2. Seconde lecture.

« Vivre au quotidien avec la maladie, choisir la vie », c’était le fil rouge d’une session que j’ai animée avec cinq autres personnes, portée par la Communion des ébranlés (1), et qui alterne temps de relecture, de prière, d’éveil du corps, de partage, de création, d’accompagnement personnel.

La force de la relecture de vie et son partage, en petits groupes entre malades d’une part, entre accompagnant ou aidant d’autre part, favorise la liberté de la parole. Il émane alors une énergie qui ne cesse de m’étonner, celle de ne pas se savoir seul, celle d’être écouté et entendu dans sa souffrance, et celle de l’émulation. Tous autour de moi ont éprouvé la confiance et la bienveillance qui seules permettent la relecture de nos obscurités. Telle est la solidarité des chancelants, la reconnaissance en l’autre de ce qui peut me soutenir et m’aider à me relever, à grandir.

À Penboc’h, chacun avance à son rythme pour « choisir la vie » même – et peut-être surtout – en temps de maladie. Chacun apprend à consentir au réel, à chercher et trouver Dieu au coeur même de l’expérience vécue. Le cadre magnifique aide beaucoup à oser le chemin proposé. J’ai contemplé les arbres, qui cette année illustraient particulièrement le thème de la session. Ébranlés, parfois cassés lors de la tempête, certains voyaient bourgeonner de nouvelles feuilles, symboles des feuilles de la vie plus forte que nos tourmentes.

Marie-Hélène Boucand, 13 juin 2024

(1) Rattachée à la Communauté Vie Chrétienne (CVX). Chaque session qui a lieu à Penboc’h en Bretagne est différente et singulière selon les participants – couple, célibataire, religieux, et leurs pathologies.

Par Marie-Hélène Boucand. Médecin, docteur en philosophie, elle-même atteinte d’une maladie génétique rare. Dernier ouvrage paru, Traverser l’épreuve de la maladie, éd. Fidélité, 2022. Elle y déroule l’attention à ce que nous percevons, l’attention au corps qui se met à « parler », un travail qui consiste à « traduire » en mots les maux du corps. Pour Ombres & Lumière, elle livre chaque mois sa chronique « A l’ombre d’un mot ».

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