Père Gérard vous répond

Posez votre question à frère Marc

Vous trouverez ici des extraits de réponse à quelques questions qui ont été posées au Père Gérard.

"Père Gérard a eu d'importantes responsabilités pastorales dans plusieurs diocèses de France. Maintenant en "retraite active " il prêche des retraites spirituelles tout en étant souvent en service auprès de communautés de l'Arche et de Foi et Lumière." Merci.

Votre question pourra rejoindre d'autres internautes qui vivent une situation proche de la vôtre.

Par ce partage, ensemble nous grandissons dans la foi et l'espérance.

Si votre question ne relève pas de sa compétence, Père Gérard se réserve la possibilité de l'envoyer au service Écoute - Conseil de l'OCH qui prendra le relais.


  • Guillaume, séminariste : Est-ce qu’une personne handicapée, qui ne semble pas regretter son péché à cause de son manque de maturité, a besoin du sacrement de réconciliation ?

    Cher Guillaume,

     

    Considérer les sacrements d’abord comme une démarche de l’homme croyant c’est s’engouffrer dans une impasse. Les sacrements sont d’abord une démarche de Dieu envers nous pour nous sanctifier. C’est d’abord le Christ qui m’invite à l’Eucharistie et pas d’abord moi qui décide d’y aller parce que je serais prêt ou digne ou que j’aurais tout compris. Nous accueillons ces dons de Dieu avec la foi et la raison dont chacun de nous est capable. En dehors de cette perspective, nous ne pourrions que refuser de célébrer le Baptême pour des bébés ainsi que les autres sacrements pour des personnes qui ne sembleraient pas avoir une maturité suffisante pour les comprendre en profondeur et manifester leur foi.

     

    Le sacrement de la Réconciliation est constitué de plusieurs réalités que le fidèle est appelé à reconnaître, à vivre et à célébrer selon toutes ses possibilités : le discernement sur la vie à la lumière de la Parole de Dieu, l’accusation des péchés, l’expression du repentir et de la volonté de se convertir, un éventuel dialogue avec le confesseur, l’accueil de l’absolution, l’accomplissement d’une pénitence et l’action de grâces. Certaines personnes marquées par un fort handicap mental, ne peuvent pas vivre avec une pleine conscience toutes ces étapes du sacrement mais seulement une partie d’entre elles. Dans les communautés de Foi et Lumière et de l’Arche, je célèbre ce sacrement avec des personnes qui ne peuvent pas parler et dont j’ignore même quelle conscience elles ont du péché. Il est pour moi impensable qu’elles soient écartées de ce signe efficace de la miséricorde de Dieu qui n’est pas donné à une personne seulement dans l’intimité mais qui a aussi une dimension communautaire dans une Eglise qui ne doit pas cesser de célébrer et proclamer la miséricorde pour tous. Je dis, par exemple à Christophe ou à Armando : « Jésus t’aime. Il sait ce qu’il y a dans ton coeur. Il est avec toi. Puisque tu viens prier Jésus avec nous, que tu te tournes vers Lui, Il te pardonne si parfois tu n’as pas aimé ou que tu ne t’es pas laissé aimer. » Et je prononce les paroles sacramentelles d’absolution en me rappelant que c’est Dieu qui pardonne en Jésus et pas moi ! J’ai rencontré des jeunes assistants de l’Arche qui ont voulu approfondir le sens de ce sacrement après y avoir accompagné des personnes avec des handicaps mentaux profonds. Ils ont compris que Jésus ne refuse à personne ces signes par lesquels il communique l’amour du Père et qu’Il nous les offre, non pas en proportion de notre maturité intellectuelle mais en raison de notre foi, même très pauvre dans ses expressions, et de la foi de l’Eglise.

     

  • Perrine : « Je suis maman de deux adultes malades psychiques. Je ne sais plus quoi faire pour les aider, les soutenir et même les supporter. J’ai beau avoir la foi, croire que Jésus est là à mes côtés, certains jours je me demande quel est le sens de ma vie. Qu’est-ce que Jésus désire ? Qu’attend-il de moi ? Je suis usée. »

    Chère Madame,

    Quand je lis que vous ne savez plus quoi faire pour aider vos deux grands enfants, je comprends que vous avez déjà fait beaucoup et depuis de longues années. Vous voudriez pouvoir faire davantage parce que vous voulez qu’ils soient heureux, que leur santé s’améliore et même qu’ils guérissent. Vous ne percevez peut-être pas beaucoup de changements et alors arrivent ces moments bien compréhensibles de grosse fatigue et découragement avec toutes sortes de réactions dont celle de ne plus savoir quoi faire pour supporter vos enfants. Comme je vous comprends ! Je trouve qu’il est bien normal qu’arrivent de tels moments étant donné les soucis que vous portez. Surtout n’ayez pas honte de ces moments-là ni devant Dieu ni devant d’autres. Acceptez-les humblement et essayez de garder un peu de paix intérieure pour continuer la route (même si cette paix est fragile) et profitez des moments de joie car je suis sûr que vous en avez aussi.

    Que vous vous demandiez parfois quel sens a votre vie, je le comprends également. Nous sommes tellement matraqués par des discours, des écrits et des comportements qui nous disent que la vie n’a de sens que quand on est jeune, beau, fort, qu’on a beaucoup d’argent, des loisirs, des succès et une bonne santé. Comme disciples de Jésus nous croyons que la valeur d’une vie se mesure à l’amour donné et reçu, que seul l’amour donne la vraie paix, le vrai courage et la vraie joie tant aux personnes qu’aux sociétés et aux nations. Votre vie donnée à votre famille génère probablement des fruits (de paix et pourquoi pas de joie) que l’on ne peut mesurer même quand la fatigue vous gagne et que la lassitude prend le dessus.

    « Qu’est-ce que Jésus attend de moi ? », demandez-vous. Je crois pouvoir répondre que ce qu’Il attend de vous est ce qu’Il attend de tous : L’aimer et aimer son prochain comme soi-même. L’essentiel est de marcher sur les chemins de l’amour : parfois en courant joyeusement, d’autres fois en boîtant, d’autres fois encore en tombant lamentablement ou même en refusant d’avancer parce que la montée est trop rude et que la douleur ou le désespoir nous écrase. Je suis sûr aussi que Jésus vous demande de prendre soin de vous. Prenez les moyens pour persévérer dans l’amour grâce au repos, à la détente, à la prière, aux soins que vous donnez à votre corps. N’hésitez pas à demander de l’aide pour bénéficier de temps en temps de soirées, journées ou week-end libres et au calme. Vous ne pouvez pas rester seule dans cette exigeante situation. Sans doute y a-t-il déjà des personnes qui vous aident mais n’hésitez pas à en solliciter d’autres dans votre famille, votre voisinage, votre paroisse. Elargissez le cercle de vos relations si nécessaire. Certains n’imaginent peut-être pas qu’ils peuvent vous rendre service. Faites signe aussi aux associations. Et n’oubliez pas que vous-même et vos enfants vous rendez aussi un grand service en demandant des appuis puisque vous permettez à d’autres de marcher sur les chemins de l’amour.

     

     

  • Philippe, porteur d’un handicap mental léger : Est-ce que Jésus aime mon handicap ?

    Cher Philipe,

     

    Il y a, hélas, beaucoup de sortes de handicaps. Certains sont très lourds à vivre, d’autres moins. Un handicap c’est toujours quelque chose de gênant qui nous préoccupe, nous fait souffrir moralement ou physiquement et pour certains les deux à la fois. Jésus n’aime pas ce qui nous gêne. Jésus n’aime pas ton handicap. Jésus aime Philippe et Il sait qu’il a un handicap. Jésus te connaît. Il est même le seul à te connaître vraiment. Et, comme chaque personne, tu es unique et précieux à ses yeux. Je peux comprendre qu’à certains moments ton handicap te gêne. Je te propose de saisir ces occasions pour te tourner vers Jésus et Le prier dans le silence de ton coeur pour qu’Il te sorte de la tristesse et te redonne du courage et de la joie.

     

    Tu sais, Philippe, que devant Dieu nous sommes tous égaux et que pour répandre son message d’amour Jésus a besoin de tous les chrétiens y compris de ceux qui peuvent connaître une certaine faiblesse parce qu’ils ont un handicap plus ou moins important. C’est la Parole de Dieu qui le dit dans la première lettre de saint Paul aux Corinthiens au chapitre 12 verset 22. Jésus compte sur toi, sur moi, sur tous les baptisés pour, selon ses moyens mais avec tout son coeur, donner et recevoir de l’amour et construire ainsi la paix et l’unité. Que Jésus te garde dans la joie d’être à Lui et continue de te donner la lumière et la force de son Esprit pour être son témoin !