Père Gérard vous répond

Posez votre question à frère Marc

Vous trouverez ici des extraits de réponse à quelques questions qui ont été posées au Père Gérard.

"Père Gérard a eu d'importantes responsabilités pastorales dans plusieurs diocèses de France. Maintenant en "retraite active " il prêche des retraites spirituelles tout en étant souvent en service auprès de communautés de l'Arche et de Foi et Lumière." Merci.

Votre question pourra rejoindre d'autres internautes qui vivent une situation proche de la vôtre.

Par ce partage, ensemble nous grandissons dans la foi et l'espérance.

Si votre question ne relève pas de sa compétence, Père Gérard se réserve la possibilité de l'envoyer au service Écoute - Conseil de l'OCH qui prendra le relais.


  • Philippe, porteur d’un handicap mental léger : Est-ce que Jésus aime mon handicap ?

    Cher Philipe,

     

    Il y a, hélas, beaucoup de sortes de handicaps. Certains sont très lourds à vivre, d’autres moins. Un handicap c’est toujours quelque chose de gênant qui nous préoccupe, nous fait souffrir moralement ou physiquement et pour certains les deux à la fois. Jésus n’aime pas ce qui nous gêne. Jésus n’aime pas ton handicap. Jésus aime Philippe et Il sait qu’il a un handicap. Jésus te connaît. Il est même le seul à te connaître vraiment. Et, comme chaque personne, tu es unique et précieux à ses yeux. Je peux comprendre qu’à certains moments ton handicap te gêne. Je te propose de saisir ces occasions pour te tourner vers Jésus et Le prier dans le silence de ton coeur pour qu’Il te sorte de la tristesse et te redonne du courage et de la joie.

     

    Tu sais, Philippe, que devant Dieu nous sommes tous égaux et que pour répandre son message d’amour Jésus a besoin de tous les chrétiens y compris de ceux qui peuvent connaître une certaine faiblesse parce qu’ils ont un handicap plus ou moins important. C’est la Parole de Dieu qui le dit dans la première lettre de saint Paul aux Corinthiens au chapitre 12 verset 22. Jésus compte sur toi, sur moi, sur tous les baptisés pour, selon ses moyens mais avec tout son coeur, donner et recevoir de l’amour et construire ainsi la paix et l’unité. Que Jésus te garde dans la joie d’être à Lui et continue de te donner la lumière et la force de son Esprit pour être son témoin !

  • Annick : Comment faire confiance à Dieu à qui je dis chaque jour : protège-moi. Je suis toujours aussi fragile psychiquement et ne sais pas me défendre. Tant de personnes me font du mal.

    Chère Annick,

    Ne connaissant ni votre environnement ni votre situation, je devine quand même bien que vous souffrez beaucoup. Je voudrais simplement vous dire ma proximité par la prière et vous partager quelques réflexions que m’inspire votre demande en espérant qu’elles vous aideront un peu à garder confiance en Dieu, en vous et dans les autres.

    Vous me dites que beaucoup de personnes vous font du mal mais je suis sûr qu’il y en a aussi qui vous aiment et vous font du bien. Peut-être sont-elles moins nombreuses que celles qui vous font du mal mais l’amour n’est pas une question de nombre et c’est la bonté, l’attention aux autres, le pardon, le partage, l’amitié qui sont les réalités qui nous font vivre et donc aussi tenir dans l’épreuve. Faites confiance à ceux qui vous aiment. Quand vous devez vous défendre, ils vous donnent la force intérieure et parfois aussi des conseils.

    Je crois que ceci sera un beau complément de cette prière que vous adressez chaque jour à Dieu : Protège-moi ! Vous lui exprimez ainsi votre souffrance, vos attentes, votre foi. Mais vous savez qu’Il n’intervient pas dans nos vies sur commande et surtout pas sans notre disponibilité et notre collaboration. Continuez de Lui dire vos attentes et demandez-Lui de fortifier votre confiance en Lui, c’est à dire votre foi. En même temps cherchez à Lui montrer que vous avez confiance dans les autres malgré les déceptions et les blessures. Ayez confiance aussi en vous. Vous êtes plus grande que vos fragilités et Dieu est le seul à vous connaître vraiment. Depuis qu’Il s’est fait homme en Jésus, Dieu est en quelque sorte uni à tout être humain. C’est ce qu’a rappelé de deuxième Concile du Vatican.

    Le Seigneur Jésus est avec vous, chère Annick. Notre foi en lui est souvent fragile mais il y a toujours une petite flamme. N'hésitez pas à l’entretenir.

     

  • Marc : Mon fils de 9 ans est atteint d'autisme associé à un retard mental léger. Il vient avec moi à la messe et à la catéchèse. Et je lui parle de Jésus etc... Je vois bien malheureusement que le mystère de l'Eucharistie est complètement incompréhensible pour lui. J’aimerais beaucoup qu’il communie mais je doute que cela ait du sens pour lui. Alors si ce n’est que pour répondre à mon propre désir, est-ce juste ?

    Cher Monsieur,

    Votre questionnement est bien légitime. Il m’habitait parfois lorsqu’au début de mon ministère je me réjouissais de pouvoir donner les sacrements à des enfants ou des adultes ayant un handicap. Je les voyais paisiblement confiants ou très distraits ou agités. Un bon nombre d’entre eux ne s’exprimaient pas : ni par la parole ni par un langage non verbal. Je me disais parfois : " ça n’a pas de sens pour eux… il ne comprennent pas " . Maintenant je ne me laisse plus habiter par ce genre de pensée. Tout d’abord je ne suis jamais sûr que ce soit totalement incompréhensible pour eux. C’est possible mais je n’en sais rien. Par contre ce dont je suis sûr, ce que je crois, c’est que les sacrements sont d’abord des signes (efficaces mais non magiques !) de l’amour de Dieu pour nous et non pas d’abord des démarches que nous ferions pour Dieu et qui auraient de la valeur seulement dans la mesure où nous aurions bien compris ce que Dieu nous offre là.

    Notre foi est souvent si pauvre, si fragile ! Nous l’exprimons comme nous pouvons. Certaines personnes avec un handicap ne peuvent pas l’exprimer du tout. Par contre nous savons que Dieu les aime et les appelle à la vie éternelle dans son amour. Les sacrements sont un avant-goût de cette vie. Nous voulons donc faire participer les personnes avec un handicap aux signes de l’amour de Dieu dont vivent les membres de leur famille, de leur communauté, de l’Eglise.

    Je ne sais pas quel effet les sacrements peuvent avoir dans la vie des personnes qui ont un handicap limitant leur compréhension dans l’expression et les relations. Par contre je sais par expérience que le fait qu’elles reçoivent les sacrements a de l’effet sur les membres d’une assemblée chrétienne et questionne ceux qui se disent non pratiquants et même certains qui se disent incroyants ou en recherche. Les petits et les faibles sont ainsi parfois missionnaires sans le savoir. (Voyez page 28-27 du récent livre d’Elisabeth de Fontenay Gaspard de la nuit ; Ed Stock)

    N’hésitez pas à conduire votre enfant à l’Eucharistie dans une assemblée accueillante. Même s’il ne peut pas dire sa foi, sa démarche dira que Dieu l’aime et qu’Il aime chacune de ses créatures sans exception.