Vous nous écrivez

bulle-posez_votre_question.jpg

Vous êtes concernés par la maladie ou le handicap,
le service Écoute - Conseil de l’OCH répond à vos questions.

Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de questions et leurs réponses.

Si vous souhaitez poser une question, cliquez ici,

N'hésitez pas à nous appeler au 01 53 69 44 30

  • les lundi, mercredi, jeudi de 9h à 13h et de 14h à 18h,
  • le mardi de 14h à 18h
  • et le vendredi de 9h à 13h et de 14h à 17h.

  • MarieK : Comment vivre les temps festifs (anniversaire, fêtes religieuses futures …) alors que pour certains, nous sommes encore confinés ? Le confinement limite nos élans.

    Pour répondre à cette question, notre équipe « Ecoute & Conseil » souhaite vous partager les témoignages ou expériences dont elle a été témoin lors d’échanges téléphoniques.

    • Alors que je ne souhaitais pas fêter mon anniversaire sans ma fille handicapée confinée dans sa MAS, mes deux autres enfants ont pris la décision de me fêter quand même : dès le matin, je me suis sentie la reine du jour. Pas de cuisine, gâteau fait maison, mots doux, échange téléphonique avec ma fille confinée qui a profité aussi de cette ambiance festive car musicale. Je me souviendrai de ce moment.
    • Pour Pâques, nous étions tous séparés. Mes enfants étaient chacun en famille. Mon mari handicapé et moi, seuls dans notre appartement rennais alors que nous devions les rejoindre. J’ai préparé un bon déjeuner, mis une nappe dans la salle à manger pour quitter la cuisine. Dans chaque famille, nos petits-enfants ont peint des énormes œufs sur des grandes feuilles qu’ils ont pris en photo pour nous les envoyer. Mon mari et moi étions heureux de recevoir toutes ces photos. Cela a été notre façon de vivre notre chasse aux œufs.
    • Pour l’anniversaire de notre ado trisomique, sensible à la musique, avec ses deux sœurs, nous avons organisé une soirée. Nous nous sommes tous habillés comme pour aller à une soirée dansante : costume, robe, nœud papillon. Nous avons préparé un buffet. Et nous avons dansé de 20h à 23h. Nous n’étions que 5 mais quelle fête !
    • Ma fille a fêté son anniversaire dans son centre, confinée dans sa chambre. Cela me rendait triste. Amis, cousins, sœurs lui ont souhaité son anniversaire en envoyant une vidéo d’eux. Chacun a fait preuve de beaucoup d’imagination. Je ne pensais pas que tant de personnes répondraient à cette idée. Cela a mis beaucoup de joie dans le centre de ma fille qui a partagé les vidéos avec certains résidents.
    • Une amie célibataire et handicapée physique a vécu difficilement ce confinement. Avec quelques amies, pour rendre le weekend festif, nous lui avons proposé un concours de gâteaux à plusieurs reprises : mille feuille, pavlova, tarte aux fruits. Chacun préparait son gâteau, le photographiait et l’envoyait aux 5 participants. Nous votions pour le plus beau. Cela nous a mis dans une communion fraternelle. Nous allons continuer.
    • Pour l’anniversaire de notre papa âgé et seul, nous lui avons donné rendez-vous sur Zoom. Nous pouvions tous nous voir. Certains s’étaient déguisés, d’autres avait préparé un gâteau avec des bougies, d’autres un discours. Ce fut un bon moment de partage et de rires. Plusieurs jours après, mon père en parlait encore avec joie.
    • Je vis seule et j’ai des difficultés psychiques. Pour le premier mai, surprise, j’ai reçu (le 4 mai) un muguet séché avec un petit mot de soutien dans une enveloppe. Ma sœur avait pensé à moi. Elle m’écrit peu. Quel plaisir de trouver un courrier que l’on peut garder.

    Ces témoignages nous ont réjouis. Merci de nous les avoir partagé. Garder l’esprit festif, s’y encourager nous donne personnellement de la joie et nos proches en profitent !

  • Romane : Je suis maman d’une petite fille Louise autiste de 6 ans, cette période de confinement, sans soutien, est très difficile pour moi. Je me sens épuisée et ne sais comment je vais tenir...

    Ce temps de confinement est une vraie épreuve pour beaucoup d’entre nous, mais oh combien plus difficile pour les parents d’un enfant différent, à qu'il est difficile d'expliquer ce qui se passe, avec ce que cela implique dans les changements de repères pour l’enfant.
    Il y a dans notre vie ce qui dépend de nous et ce sur quoi nous n’avons aucun pouvoir. Cet enfermement dans notre lieu de vie est une contrainte extérieure avec laquelle il faut composer aujourd’hui et trouver comment vivre au mieux ce temps.

    D’abord, pour nous tous, il est important de trouver un cadre et des repères dans ce quotidien nouveau, et c’est important aussi pour Louise d’organiser et de planifier vos journées.
    Quels repères peuvent être possibles pour vous, à des horaires prévus ?
    un temps de promenade, un temps de gymnastique ensemble, un temps d’activité, un temps de jeux , un appel à un proche...Etc...

    Une personne me racontait qu’elle avait mis en place un rituel du matin : avant de quitter la salle de bains, elle se regarde dans le miroir, se souhaite une bonne journée et se donne 3 objectifs pour la journée (par exemple, : contempler la nature, garder le sourire, faire preuve de patience...) D’autre part, je peux imaginer que pour beaucoup de parents, ce qui manque, c’est des temps de silence et de ressourcement, avec la présence des enfants à 100%.

    Je vous propose de chercher quel petit moment serait nécessaire pour vous, afin de vous nourrir et vous donner des forces pour continuer le chemin. Une fois que ce temps est défini, pouvez- vous mettre en place pour Louise, une activité qu’elle aime, qu’elle peut faire seule, en lui exprimant votre besoin d’un temps solitaire pour chacune, avec le plaisir de se retrouver ensuite. Peut être mettre de la musique en fond pour habiter le silence si besoin.

    Ou alors se lever un peu plus tôt pour avoir ce temps avant le réveil de Louise ?
    Enfin, quelques petites pistes que l’on peut mettre en oeuvre chacun au quotidien : quand le moral flanche, que la fatigue se fait trop grande, positiver ce que l’on vit en se disant qu’on a de la chance de ne pas être malade. Et peut être aussi changer notre regard sur les tâches du quotidien, se réjouir de préparer un petit plat, rire avec son enfant au moment du bain, que tous ces temps que l’on fait un peu mécaniquement en temps ordinaire, prennent du relief parce que l’on choisit de les goûter d’une manière particulière.
    ET n’hésitez pas à user du service Ecoute et Conseil de l’OCH pour déposer, être entendue et reprendre du courage.

  • Isabelle : Comment habiter ce temps de confinement alors que je suis seule chez moi ?

    Dans ce contexte nouveau et si particulier, qui peut nous faire passer par des émotions et pensées très contrastées, cette question est bien légitime. Que vous soyez ou non arrêtée dans une activité professionnelle, ce confinement vous fait probablement ressentir un isolement inhabituel. Il vient chambouler votre façon de vivre votre quotidien (sorties limitées à l’essentiel voire impossibles, arrêt de la plupart des visites ...) et d’être en lien avec d’autres. Voici plusieurs pistes pour vivre au mieux cette période :

    Tout d’abord, pour garder une bonne hygiène mentale et de vie dans la durée il peut être bon de fixer des routines qui vont jalonner votre quotidien. Elles vous donneront un rythme et vous aideront à vous sentir dans une dynamique (réveil à heure fixe, objectifs et organisation définis en début de journée). Vous pouvez aussi décider comment vous allez prendre soin de vous :

    · Spirituellement (en tenant un journal, en prenant un temps de prière ou de méditation quotidien, en contemplant tout simplement, de là où vous êtes, la nature qui continue de vivre et d’évoluer)

    · Physiquement (en veillant à votre équilibre alimentaire, à votre sommeil et en adoptant des exercices physiques qui vous conviennent, même petits)

    · Intellectuellement (par des lectures, musiques, films choisis, en démarrant ou poursuivant un apprentissage si vous avez la possibilité de le faire via internet par exemple)

    Si le stress ou l’angoisse sont particulièrement présents, prenez le temps de reconnaître l’émotion qui vous habite, plutôt que de chercher à l’enfouir ou la changer. C’est le 1erpas pour mieux la gérer. Vous n’avez pas choisi cette émotion désagréable, en revanche vous pouvez décider de ce que vous allez en faire pour qu’elle ne prenne pas toute la place. Pour cela, vous pouvez simplement prendre conscience de l’environnement qui vous entoure, avec vos sens (vue, odeur, sons, toucher) et choisir une activité qui vous est agréable pour vous aider à changer d’état.

    Peut-être êtes-vous aussi assaillie d’informations dont l’accumulation ou la tonalité est anxiogène : dans ce cas, décidez d’un temps pour vous informer dans la journée et du canal que vous allez utiliser pour ne pas être dépassée.

    Enfin, « il n’est pas bon que l’homme soit seul », alors repérez dans votre réseau ou parmi les services d’écoute existants (et ils sont nombreux), les contacts qui « vous font du bien » et que vous pouvez appeler pour prendre des nouvelles ou pour demander un soutien. N’hésitez pas à appeler le service Ecoute et Conseil pour vous aider dans ce sens (OCH: 07 62 98 90 44)

  • Nora : Ma voisine aime me parler. Elle guette mes allers et venues pour saisir des occasions de rencontres. Elle revient d’un séjour à l’hôpital psychiatrique. Dans quelle mesure, je peux mettre des limites sans casser la confiance qu’elle me fait ?

    Nourrir la confiance n’empêche pas de mettre un cadre. Il me semble que si votre écoute occasionnelle est bonne, la confiance grandira. Créez les conditions pour que cette écoute soit de qualité (disponibilité, lieux chaleureux …), et peut-être que vous pouvez faire de vos écoutes impromptues, des écoutes planifiées : permettez-vous de reporter à plus tard une écoute qui commence sur le palier de votre porte. Ne valorisez pas son mode impulsif. Dans l’attente d’un véritable échange, vous développerez en elle, sa capacité à choisir ce qu’elle va vous partager. Vous allez l’aider à parler de choses importantes et d’ailleurs vous pouvez parfois lui demander : « dans tout ce que vous me dites, qu’est-ce qu’il y a de plus important pour vous ? ».

    Si elle a tant besoin de vous parler, c’est sans doute qu’elle se confie à peu de personnes et pourtant, on peut espérer que vous n’allez pas rester la seule personne en lien avec elle. N’hésitez pas à lui poser quelques questions qui l’inviteraient à sortir de chez elle et à développer son réseau social : qu’est-ce qu’elle aime ? A quelles activités elle a déjà participé ? Quels sont ses liens avec la paroisse ou à quelle spiritualité est-elle sensible ? A-t-elle pensé à un bénévolat ?

    La confiance peut se nourrir de réciprocité. Avez-vous confiance en elle ? Quel acte de confiance pouvez-vous lui faire ? Celui de croire en elle ? Mettre des limites raisonnables à une personne, c’est croire en elle, en sa capacité à évoluer, et croire qu’elle peut respecter vos propres limites.

  • Ariane : Une collègue de boulot a un jeune enfant handicapé, elle semble très seule et sans aide, que peut-on lui proposer ?

    Merci de vous soucier de votre collègue. Votre prévenance est déjà une aide. N’hésitez pas à lui demander de ses nouvelles puis à écouter ce dont elle aurait besoin : du temps pour elle ? de l’aide pour son enfant ou pour gérer le quotidien ? rencontrer d’autres familles ? connaitre ses droits ? … les besoins diffèrent d’une personne à l’autre et selon les périodes de la vie.

    De nombreuses mamans d’enfant handicapé n’osent pas demander de l’aide et ne savent pas à qui s’adresser, invitez là à nous contacter pour que nous l’informions de ce qui existe pour alléger son quotidien :  Aide à domicile, accueil temporaire, aménagement du temps de travail, aide aux transport …

    Son enfant est jeune. Avec quels professionnels avance-t-elle ? Est-elle entourée de personnes de confiance ? Encouragez là à rencontrer des associations ou des personnes de compétence concernées par le handicap de son enfant.

    Vous parlez de sa solitude. Il est vrai que le handicap bouleverse les relations familiales et amicales. Certains amis peuvent se montrer très distants. Et le repli sur soi ou l’oubli de soi sont des réaction fréquentes. Echanger avec d’autres mamans concernées par le handicap peut-être une idée pour ne pas rester seule et être comprise. Vous pouvez lui parler des « cœur de maman » (petits groupes de mamans qui se retrouvent une fois par mois) ou de la journée des mamans qu’organise l’OCH. C’est une journée pour prendre soin de soi, rencontrer et échanger.

    Votre fidélité et votre bienveillance seront des cadeaux pour elle. Demandez-lui régulièrement des nouvelles (d’elle !). Ne vous découragez pas si elle ne répond pas à vos propositions d’entraide car en lui permettant de déposer ce qu’elle vit, elle avancera. Merci pour elle.