De la capacité des personnes trisomiques à entrer dans le mystère chrétien

Quelle conscience les personnes trisomiques ont-elles de Dieu ? C’est souvent par leurs actes, leurs comportements, leurs émotions, qu’elles apportent elles-mêmes la réponse.

Léa est une jeune adolescente trisomique. Un jour, Christine, sa maman, avait été invitée à témoigner auprès de lycéens sur le thème de la croix et de la joie. Le témoignage terminé, elle rentre à la maison. Elle raconte alors à Léa, comment ça s’est passé, et surtout le sujet sur lequel elle a parlé. Léa l’écoute attentivement. Christine lui demande : « Et toi, qu’est-ce qui te donne de la joie ? » La réponse de Léa fuse : « Ma joie, c’est quand je prie ceux qui sont morts et que j’aime ! » Elle se met alors à parler de son grand-père, mort il y a quelques mois, et encore d’une vieille amie de la famille qui venait de décéder. La croix et la joie, elle avait tout compris.

Sa mère a été bouleversée. Elle ne se souvenait pas de lui avoir encore jamais parlé de la communion des Saints. Cela lui paraissait bien difficile à expliquer à sa fille. Elle pensait que c’était suffisant de lui dire que les proches décédés étaient près de Dieu. Et voici que c’est elle, Léa, qui lui en fait part, dans une forme de fulgurance spirituelle. Cette histoire est à méditer tout spécialement en ce temps où nous venons de célébrer la Toussaint.

C’est un rappel que Dieu nous a créés à son image, chacun, pour être en relation d’amour avec Lui et entre nous. Léa, avec sa trisomie, a été créée, tout comme chacun de nous, à l’image de Dieu. Par cette fulgurance spirituelle, elle nous rappelle que c’est par le cœur que nous entrons dans cette relation d’amour avec Dieu et avec les autres. Elle nous manifeste que l’intelligence du cœur n’est en rien affectée par les limites physiques, psychiques ou intellectuelles. Au contraire, mystérieusement, elle se révèle tout spécialement capable de Dieu, et capable d’entrer dans toutes les dimensions du mystère chrétien, non pas en théologienne, mais par la puissance de la communion avec Dieu.

La petite Thérèse a écrit : « la sainteté, c’est la disposition du cœur qui nous rend humbles et petits entre les bras du Père, conscients de notre faiblesse, et confiants jusqu’à l’audace en sa bonté de Père ».

Philippe de Lachapelle sur Radio RCF – 09 novembre 2020

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