Les aidants, les papas

chronique aidants

Pierre-Hugues : Le 6 octobre prochain, c’est la journée nationale des aidants. Ils sont entre 8 et 12 millions en France. A l’OCH, vous côtoyez de nombreux aidants, et depuis longtemps. Leur reconnaissance et leurs besoins évoluent-ils ?

Comme vous l’avez souligné, les aidants sont très nombreux. Et derrière chaque aidant, il y a une histoire singulière qui évolue au fil du temps. Petit exemple : j’ai connu Fabienne il y a plus de 10 ans. Quand son mari est devenu handicapé à la suite d’un accident vasculaire, elle était complètement perdue. Elle n’avait que 50 ans, elle travaillait. Ses besoins étaient d’abord de comprendre les besoins de son mari pour y répondre au mieux, puis de comprendre les aides auxquelles elle avait droit pour « tenir » comme elle me le disait. Elle a dû adapter son temps de travail et réaménager son appartement. Avec le temps, elle a appris à écouter ses besoins. Elle a appris à se reposer, à ne pas culpabiliser chaque fois qu’elle s’octroyait un moment de loisirs sans la présence de son mari. Elle a appris à demander de l’aide humaine pour partager le quotidien des soins … Plus récemment, elle me disait : « maintenant j’anticipe, je me connais mieux, et je fais partie d’un groupe de parole pour partager avec des personnes qui me comprennent et m’encouragent, je parle plus spontanément de ce que je vis, je témoigne même ! ». Quand Fabienne parle, on comprend que tout ce qui pourra être fait pour une meilleure reconnaissance des aidants est important. Et que toutes les rencontres suscitées par l’OCH pour faciliter le ressourcement des aidants sont à développer.

Pierre-Hugues : Quels sont les prochains rendez-vous de l’OCH pour les aidants ?

On aura certainement l’occasion de reparler de l’aprèm’ des jeunes aidants ou de la journée des grands-parents. Tout cela sera en novembre mais les informations sont déjà accessibles sur le site de l’OCH. Les tout prochains rendez-vous sont pour les papas, parfois un peu oubliés. Les deux samedis à venir, le 3 et le 10 octobre, l’OCH organise des randos pour eux. Plus qu’une randonnée, c’est une journée de marche tranquille et de détente entre pères confrontés au handicap ou à la maladie psychique de leur enfant, ado ou adulte. La vie de ces papas ne se résume pas au handicap bien sûr, mais en parler est parfois une première pour certains. Entre amis ou entre collègues, le handicap est rarement un sujet de discussion. Ces randos sont une opportunité pour oser en parler en toute confidentialité et sécurité, tout en restant ouvert à l’inattendu des rencontres. Et comme dit Christian Bobin, écrivain : l’inattendu est la signature authentique du divin.

Pierre-Hugues : A quoi peuvent s’attendre les papas qui ne sont pas complètement prêts à ne vivre que de l’inattendu ?

Dans ces journées, une place est donnée pour que les papas s’écoutent, s’épaulent, partagent leurs joies et leurs questionnements. Comme dit Vincent dans une petite vidéo, c’est une journée simple, fraternelle, tout se fait naturellement, on marche, on discute et cela fait beaucoup de bien. 16 villes organisent une rando. Toutes les infos sont sur le site de l’OCH. La journée commence vers 9h30 et se termine à 17h, et en général il faut apporter son pique-nique. Pour vous dire le bien que cela peut faire, je vous partage le témoignage de Bertrand que j’ai rencontré cet été. Il dit qu’au cours d’une rencontre OCH entre pères, il a pris conscience qu’il était plus éducateur que papa dans sa façon d’être avec son fils. Cette prise de conscience a transformé la relation à son fils. Il s’est découvert une capacité de tendresse pour son fils qu’il avait enfouie. Il était ému en me partageant cela. J’invite les papas à s’inscrire et j’invite aussi les mamans à « pousser » leur conjoint à participer. Par expérience, je sais que les mamans sont convaincantes !

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