Fin de vie : il est encore temps de se mobiliser !

Dans cette chronique sur RCF Notre-Dame, Florence Gros incite chacun à écrire aux parlementaires pour les interpeller sur les dangers de la loi en cours d’examen à propos de la fin de vie.

Depuis lundi, les sénateurs réexaminent les textes de loi concernant la fin de vie, vous souhaitez revenir sur cette actualité.

En effet Clara, car le calendrier se resserre avec en ce moment et jusqu’à ce soir, la deuxième lecture au Sénat. Puis l’Assemblée Nationale examinera début juin, en troisième lecture, le texte avant que le Sénat ne l’examine en troisième lecture. La lecture finale à l’Assemblée Nationale est envisagée pour juillet. Le calendrier est dense mais le débat est loin d’être terminé. Autour de moi, je ressens un peu de découragement mais l’OCH continue à se mobiliser car, en réalité, de nombreux sénateurs n’ont pas encore montré leurs convictions. A nous, citoyens, de les interpeler sur les dangers de cette loi et sur ce qu’elle est au fond : une loi qui abandonne ceux qui souffrent. N’oublions pas que des pays comme l’Ecosse ou le Royaume uni ont rejeté ou fait échouer leur projet de loi sur l’aide à mourir. Tout est encore possible.

L'euthanasie est un abandon

Clara : Quels sont vos moyens d’action ?

L’OCH et sa revue Ombres & Lumière tentent d’être présents dans les débats, dans les médias ou sur les réseaux sociaux et donnent la parole aux personnes concernées, celles qui sont éligibles. Nous alertons. Souvenez-vous de l’appel de Florian Dosne, bipolaire. Je vous invite aussi à lire la tribune de la sénatrice Christine Bonfanti-Dossat, dans la revue Ombres & Lumière. Elle est convaincue que cette loi risque de trahir ceux-là mêmes qu’elle prétend émanciper et pose cette question gênante et esquivée dans les discours sur « la mort choisie » : « Qui sont concrètement les personnes éligibles ? ». Les personnes qui feront la demande librement dira-t-on. Mais une personne en grande dépendance peut-elle poser un choix libre quand elle craint d’être un poids pour ses proches. Écoutons la crainte des éligibles qui veulent d’abord les conditions d’une vie digne, écoutons leurs aidants, et faisons le choix de la vie, pas celui de la mort. 

Clara : Qu’est-ce qui est proposé pour les auditeurs qui voudraient se mobiliser ?

En ce moment, avec 4 autres associations engagées dans l’accompagnement des plus fragiles et la défense de la dignité humaine, nous lançons une nouvelle mobilisation par voie d’affiches. Les 3 affiches de la campagne expriment l’ampleur du changement de société qu’imposerait la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Nous avons déployé un dispositif de proximité massif en nous appuyant sur le réseau des paroisses catholiques et des communautés protestantes évangéliques. Elles ont reçu affiches et cartes postales à destination des paroissiens qui pourront facilement, grâce à elles, écrire à leurs parlementaires. Chers auditeurs, écrivez !

Clara : Quel est le message des affiches et des cartes postales ?

C’est un message universel et fort qui s’appuie sur la protection de la dignité humaine avec l’interdit de tuer. Je rappelle que ce principe universel est fondateur de la civilisation. Protéger la dignité humaine exige aussi le soulagement des souffrances et un accompagnement humain pour que personne ne se sente un poids pour son entourage. Par exemple, une des affiches montre une personne alitée qui me ressemble, qui vous ressemble, et qui dit ce que chacun pourrait dire « je redoute de trop fatiguer mes proches ». Quelle est la réponse à cette détresse ? Uniquement l’amour. Aider la personne à mourir n’est pas un soin. L’euthanasie est un abandon, pas un geste d’amour. Continuons à le dire !

Chronique de Florence Gros sur RCF Notre-Dame, 13 mai 2026.

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