De l’espérance en pleine crise du Covid-19

Alors que crise liée au Covid-19 s’installe, l’académie pontificale pour la vie ouvre une perspective autre dans un document: « la communauté humaine à l’ère de la pandémie« .

« Nous sommes appelés à une attitude d’espérance, au-delà de l’effet paralysant de deux tentations opposées : d’une part, la résignation qui subit passivement les évènements ; d’autre part la nostalgie d’un retour au passé, qui ne désire que ce qui existait auparavant ». Ces mots sont dans la conclusion de ce document de l’académie pontificale pour la vie. Il est sorti le 22 juillet dernier, mais passé presque inaperçu, hélas. Et pourtant il reste d’une brulante actualité. Quelle richesse dans ce texte qui porte pour sous-titre « Méditations intempestives sur la renaissance de la vie » ! Un message d’espérance dont on a bien besoin quand le découragement nous guette.

UN DOCUMENT QUI INVITE À L’ESPÉRANCE

L’académie a le courage de poser d’abord un diagnostic sans concession sur l’état de notre monde que révèle et amplifie cette crise. Nous connaissions déjà tout cela, sans vouloir nous y arrêter : les injustices et les inégalités criantes entre riches et pauvres, notamment dans l’accès au soin ; notre rapport de mépris et de domination vis-à-vis de la nature, que l’encyclique Laudato Si avait déjà vivement interpellé ; la solitude, voire l’abandon des plus fragiles, et notamment des plus âgés dans nos sociétés, que l’on a pu laisser mourir d’isolement ; notre culture individualiste aussi, qui concerne chacun de nous, et derrière elle, les stratégies isolationnistes des états; tant d’autres choses encore, dont le document fait un constat sévère.

SORTIR PAR LE HAUT

« Apprendre une leçon, c’est devenir humble » rappelle ce document qui invite, je cite : « à un engagement de l’intelligence, et au courage de la conversion morale », en développant ce qu’il nomme une « éthique du risque et de la responsabilité »Cela passe par un consentement volontariste à notre interdépendance humaine et notre vulnérabilité commune ; le développement d’une coopération internationale, notamment en matière de solidarité et d’accès aux soins – par exemple que les futurs vaccins soient accessibles à tous ; surtout ne pas attendre tout de nos gouvernements, mais s’engager individuellement dans cette conversion pour, je cite « apprendre la finitude et consentir aux limites de notre liberté…  il s’agit d’ouvrir les yeux sur la réalité des êtres humains qui vivent de telles limites dans leur propre chair ».

Ainsi donc, on peut comprendre que ce sont les plus fragiles parmi nous, personnes âgées, handicapées, pauvres, exclus, qui seront le chemin vers cette renaissance de la vie tant espérée. Ce document est une invitation puissante à se saisir individuellement et collectivement de cette crise pour permettre un avenir meilleur pour chacun d’entre nous. Au fond, c’est entrer concrètement dans cette promesse de Jésus lui-même dans l’Evangile : « si tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles, et tu seras heureux ». 

Et si vous cherchez des moyens concrets de passer à l’action, appelez l’équipe écoute et conseil de l’OCH, nous saurons vous donner des idées.

Philippe de Lachapelle sur Radio RCF – 02 novembre 2020

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