La charité, un geste concret : l’invitation forte du pape Léon XIV

À travers Dilexi Te, le pape Léon XIV rappelle que la charité est le cœur de la foi et nous invite à agir concrètement auprès des plus fragiles : Chronique RND de Florence Gros du 10 décembre 2025

Pierre-Hugues : Dans son exhortation apostolique, Dilexi Te, qui veut dire « je t’ai aimé » en latin, le pape Léon XIV nous invite à remettre la relation aux pauvres au cœur de notre foi. Comment avez-vous reçu cette exhortation ?

En effet Pierre-Hugues, dans son exhortation, le saint-père Léon XIV nous appelle à vivre pleinement la charité et cela, comme vous le dites, dans la relation. J’ai trouvé les mots du pape, à la fois mobilisants et encourageants pour la mission de l’OCH. Il secoue chacun dans son indifférence vis-à-vis des plus fragiles ou des plus pauvres. Il écrit : « La charité n’est pas une voie facultative, mais le critère du vrai culte ». Le culte rendu à Dieu n’est donc authentique que s’il conduit à la compassion. Le pape est très clair. Dans son texte, il indique explicitement qu’« oublier ou mépriser les pauvres ne relève pas de la simple indifférence morale mais d’une rupture avec l’Evangile ». Sa parole est tranchante.

Pierre-Hugues : Dans son exhortation, le pape refuse la logique de l’assistance et insiste sur la bienfaisance. Il écrit « les pauvres sont capables de créer leur propre culture ».

Oui, je comprends que le pape nous dit que la charité chrétienne ne consiste pas à faire pour mais à faire avec. La charité n’est pas condescendante. A l’OCH et dans notre raison d’être, nous témoignons de la fécondité et des talents de toute personne quels que soient son handicap et ses fragilités et nous affirmons que par notre présence et les activités proposées, nous contribuons à humaniser la société. Quand les personnes avec un handicap sont au cœur de nos communautés, elles nous invitent à nous accueillir les uns les autres avec nos forces et nos fragilités et à les partager. Nous sommes alors tous des protagonistes, tous des acteurs comme nous y invite le pape. De fait, nous avons tous quelque chose à apprendre de l’autre. J’ai vécu récemment un parcours de 5 rencontres organisées par l’OCH qui rassemblait des personnes avec ou sans handicap, et des personnes avec ou sans trouble psychique. La parole de chacun était indispensable et enrichissante. Je me serais vraiment coupée de quelque chose si je n’avais réuni que des personnes dites bien-portantes. Les personnes qui traversent des difficultés nous font souvent quitter le registre purement cérébral pour nous amener à une parole plus incarnée, emprunte d’expériences vécues.

Pierre-Hugues : le Pape Léon XIV, à la suite du pape François, nous a aussi invités à réfléchir à la parabole du bon samaritain en nous demandant de nous identifier à cet homme qui ne se désintéresse pas des autres. Cela parle à l’OCH !

Le pape a eu à ce sujet une parole très vive en écrivant : « nous avons progressé sur plusieurs plans, mais nous sommes des analphabètes en ce qui concerne l’accompagnement, l’assistance et le soutien aux plus fragiles et aux plus faibles de nos sociétés développées. Nous sommes habitués à regarder ailleurs … » j’ai été percutée par ces mots « analphabètes » et « habitués à regarder ailleurs ». L’OCH ne veut pas regarder ailleurs. Nous écoutons les cris, nous innovons pour y répondre, nous encourageons les rencontres et les relations. C’est un défi que nous relevons grâce à nos diverses actions. Et grâce à vous chers bénévoles et chers donateurs. Dans son exhortation, le pape rappelle la place de l’aumône comme manière d’humaniser les relations en les imprégnant d’amour. L’aumône est un geste concret. Donner à l’OCH est concret ! Interrogeons-nous sur le geste concret à poser. Engageons-nous pour ne pas être ces « analphabètes » du soutien aux plus fragiles.     

Chroniques hebdomadaire de Florence Gros, directrice de la Fondation OCH. 10/12/2025

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