Schizophrénie : témoignage d’un combat et d’une espérance
Il ne cache pas les difficultés qu’il a traversées pour trouver un équilibre : Chronique RCF de Florence Gros du 12 novembre 2025
« Mon présent est un peu oisif, mais c’est le prix de la paix intérieure ». Ces mots sont ceux de Paul. Âgé de 46 ans, il se bat avec une schizophrénie depuis ses 18 ans. Dans la revue Ombres & lumière que publie l’OCH, Paul revient sur son parcours et la cohabitation avec la maladie. Son témoignage est plein d’Espérance. Il ne cache pas les difficultés qu’il a traversées pour trouver un équilibre. Il ose parler de sa souffrance liée à l’isolement – sa maladie l’empêche d’être bien quand il est entouré de gens. Il n’hésite pas à déplorer la peur du monde vis-à-vis des malades alors même que c’est le malade qui craint le monde. Et, surtout, il partage aux lecteurs ses passions et sa foi. Cet homme lucide, paisible et humble est à rencontrer dans Ombres & Lumière qui consacre son dossier principal de novembre à la schizophrénie, une maladie particulièrement stigmatisante, mal connue du grand public.
RND : Avec Paul, on comprend que la schizophrénie est une maladie invalidante, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Les journalistes ont interviewé le docteur Jasmina Mallet, psychiatre, enseignante et chercheuse. Avec clarté, elle énonce ce qu’est la maladie et ce qu’elle n’est pas pour casser certaines idées préconçues. Elle rappelle ainsi que la schizophrénie n’est pas un dédoublement de la personnalité. Idée fausse et malheureusement répandue ! C’est un trouble psychiatrique qui altère la perception du réel, la pensée et le comportement. Dans son témoignage, Paul parle de ses premiers symptômes : il broyait du noir, il entendait des voix, il était angoissé. Grâce à un traitement efficace depuis 20 ans, il est en rémission. Plusieurs malades témoignent que le premier diagnostic donné est une dépression, à cause de symptômes communs. Il faut au moins 6 mois et des symptômes installés pour qu’un diagnostic de schizophrénie soit posé, mais celui-ci est difficile à accueillir pour le malade et pour l’entourage. L’annonce est une étape délicate même si un malade ne ressemble pas à un autre malade et que certains médecins parlent maintenant de schizophrénies au pluriel.
RND : Et l’entourage dans cette maladie ?
Plusieurs s’expriment dans la revue. Parents, frère, jeune femme ayant grandi avec sa mère malade. Tous sont éprouvés. Ils bataillent avec leur proche malade. Tant que le diagnostic n’est pas posé, ils sont perdus devant ce proche qui manque d’initiative, qui est anxieux ou qui a des comportements bizarres. Ils ne comprennent pas tout de suite ce que leur enfant ou frère ressent. Entre contestation, banalisation, bienveillance, culpabilisation, ils traversent des moments difficiles. Alix a été percutée par l’intrusion de la maladie de sa mère alors qu’elle n’avait que 12 ans. Les hospitalisations de sa maman ont été douloureuses. Difficile d’aider son proche quand on ne le comprend pas. Aujourd’hui, à l’aube de ses 30 ans, elle ne cherche plus de réponse à ses pourquoi ; tour à tour, elle crie vers Dieu sa colère ou sa gratitude. Gratitude pour l’unité de sa famille et pour les quelques mieux dans le parcours chaotique de sa maman. La maladie n’a pas atteint sa foi. Le titre du dossier est « schizophrénie, l’espoir est-il permis ?». Avec les témoins de ce dossier, non seulement l’espoir – d’une meilleure prise en charge par ex – mais aussi la confiance et l’Espérance sont permis.
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Chroniques hebdomadaire de Florence Gros, directrice de la Fondation OCH. 12/11/2025