Embaucher une personne en souffrance psychique ?

Hugo : Je travaille dans une entreprise. Se pose la question d’embaucher une personne handicapée. Est-il raisonnable d’embaucher une personne en souffrance psychique ?

Je me réjouis que votre entreprise s’ouvre à cette possibilité. Quel enrichissement ! La maladie psychique englobe des réalités très différentes.  Ma réponse ne peut tenir compte de la singularité de chaque personne malade. Certaines personnes reconnues malades psychiques, peuvent travailler en entreprise, d’autres ont besoin d’un cadre plus spécialisé. Certaines sont très sensibles au stress, d’autres à la confiance qu’on leur porte. Certaines encore ont besoin de tâches bien définies, d’autres travaillent plus efficacement seule … On retrouve ces sensibilités chez chacun de nous ? La maladie exacerbe ces tendances.

Accueillir une nouvelle personne dans une équipe comporte des risques difficiles à mesurer : une personne en souffrance psychique stabilisée à qui on propose un travail selon ses compétences peut répondre à bien des exigences. Quelles difficultés pourraient lui faire perdre ses capacités : la pression ? La malveillance ? Trop de fatigue ? Il est sans doute important de définir avec elle son temps de travail et de lui nommer un interlocuteur privilégié qui pourra l’accompagner dans la durée.

Plusieurs questions me viennent. Je vous les livre spontanément pour alimenter votre réflexion.  Quelles peurs vous habitent ? La méconnaissance engendre la peur, ne faut-il pas que vous rencontriez quelques associations qui travaillent à la réinsertion des personnes malades psychiques pour apaiser vos craintes ? Ces associations pourront vous accompagner dans votre projet.

J’ose d’autres questions plus personnelles : Pour vous, à partir de quand serait-il déraisonnable d’embaucher une personne ? Quel équilibre recherchez-vous ? Qu’attendez-vous de la personne fragile ? Quelle place faites-vous à l’imprévu ? Qu’est-ce que la fragilité peut apporter à votre entreprise ?

N’hésitez pas à appeler notre service « Ecoute-Conseil » pour continuer cette réflexion.

Partager