Un temps de Pâques si spécial

pâques pendant le temps de confinement

« C’est vraiment une Pâques bizarre, cette année ». Un ami me partageait cela au téléphone il y a quelques jours, en commentant ce confinement qui nous a empêché de vivre dans nos paroisses toute célébration le temps de Pâques. Il a raison ! C’est bizarre, mais étonnamment, il me semble que le mystère pascal est encore plus sensible cette année !

Rappelons-nous que Pâques vient de « Pessah » en hébreu, qui signifie « passage », faisant référence à la sortie de l’esclavage en Egypte. Eh bien, cette épreuve du coronavirus n’a-t-elle pas tous les aspects d’un passage pour notre société, dont on sent bien qu’elle devra passer à autre chose. De quels esclavages avons-nous à nous affranchir ?

Tous les soirs, nous avons applaudi les soignants… Mais au fond qu’applaudissons-nous ? Leur engagement qui va jusqu’à donner leur vie : ce temps qu’ils ne comptent pas – le temps, c’est la vie ; mais aussi le risque qu’ils prennent, certains même ont payé de leur vie leur engagement. Donner sa vie pour les autres n’est-il pas éminemment pascal ?

Partout des messages de remerciements aux éboueurs, facteurs, et autres caissiers : nous saluons l’esprit de service de ces personnes. Le service n’est-il pas au cœur du message pascal ? Jésus n’a-t-il pas lavé les pieds de ses disciples la veille de sa mort, en nous invitant à faire de même ?

Tous ces « mercis » que nous adressons… Cet esprit de gratitude est pascal, lui aussi, en ce qu’il renvoie à une dimension de gratuité. Jésus donne sa vie sans aucune condition, par pur amour ! Nous sortons de la logique de « ça m’est dû », nous recevons les choses comme un don, et cela nous dilate.

Car le mystère pascal nous dilate. L’amour plus fort que le mal est une espérance qui nous habite tous, croyants ou non. Le mystère pascal est gravé au cœur de tout homme, toute femme. Trop souvent dans la vie ordinaire, il est étouffé par tant de choses. Cette épreuve du coronavirus nous le fait redécouvrir. A nous de comprendre vers quelle terre promise nous sommes invités à cheminer. Pour cela, accrochons-nous à Celui qui est la source de cette Espérance, Jésus, mort et ressuscité par amour pour tous, croyants ou non, et qui nous a laissé un seul commandement : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Et pour vivre cela, pas besoin d’aller loin ! Nous faire proche des plus fragiles est le chemin. Ça aussi Jésus l’a dit.

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre-Dame

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