Survivre après le suicide d’un proche

la mort d'un proche

« La souffrance est insondable, le chemin est long. Mais il faut avancer pas à pas, car à un moment, on verra le premier rayon de lumière ». Ces mots emplis d’une douloureuse espérance sont de Katia Chapoutier, journaliste, auteur d’un livre et d’un documentaire dont le titre est « La vie après le suicide d’un proche ». Elle, qui a dû survivre au suicide de sa sœur, a vécu un lent travail de reconstruction. Elle a voulu alors enquêter auprès de personnes qui ont vécu eux aussi ce drame du suicide d’un proche, pour chercher ce qu’il y a de commun dans tous les témoignages recueillis.

« On commence par souffrir atrocement –dit-elle- … les questions tournent en boucle, on a l’impression de perdre la raison, … rien ne sera comme avant… Le chagrin se vit seul et se guérit seul ». Mais pour autant, il ne faut surtout pas rester seul ! Car dit-elle, « le meilleur chemin pour revenir vers la vie est de se tourner vers les autres ». Ce que confirme la théologienne Lytta Basset, après le suicide de son fils : « en se laissant toucher par la souffrance des autres, nous reprenons pied, notre place parmi les vivants nous est redonnée ».

S’ouvrir à l’autre donc, mais aussi se faire aider par l’autre : groupes de paroles, accompagnements de tous ordres, associations d’amitiés, sont nécessaires pour parcourir le cheminement intérieur qui ramène à la vie. Et puis, ne pas oublier aussi de prendre soin de soi pour tenir : « dormir, manger, une activité physique, cela peut paraitre dérisoire, –dit encore Katia Chapoutier-mais c’est fondamental ».

En France, ce sont près de dix mille personnes qui se suicident chaque année. Plus de vingt-cinq par jours ! Autant de familles, d’amis, de collègues de travail, qui doivent traverser cette souffrance insondable avec tout ce qui l’accompagne : quête sans réponse du « pourquoi », accusation de l’autre, de soi-même, de Dieu, peur d’un nouveau suicide, tensions et divisions parfois. C’est un message d’espérance que leur adresse Katia Chapoutier : un lent mais réel chemin est possible pour accepter de ne pas tout comprendre et pour choisir peu à peu la vie.

Ce que confirme Lytta Basset qui invite à méditer cette parole de Jésus : « Demeurez en moi comme moi je demeure en vous », cardit-elle, « en étant attentive à ce qui se passe en moi, je peux rejoindre Dieu, ce Vivant, en qui demeure aussi mon proche, de l’autre côté du voile ».

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame

Partager