Remettre la relation au cœur du soin

le chemin de l’harmonie réciproque entre soignés et soignants

« Que reste-t-il d’humanité dans un système de soin sans relation ? » Ce questionnement douloureux est posé sur le Huffington post par Patrice Fernandes Pereira. Médecin hospitalier, il est passé de l’autre côté du soin en accompagnant sa sœur Isabelle pour un long séjour à l’hôpital où elle est finalement décédée. Il a expérimenté -je cite- « la brutalité d’un système de santé dont l’excellence scientifique se conjugue pourtant à une parole et une écoute rudimentaires ». Et le praticien de décrire ces passages aux urgences, en chirurgie, et bien d’autres services… « A chaque fois -dit-il « pas de rencontre, pas de relation, mais de sommaires examens techniques et le langage abscons de synthèses pluridisciplinaires »

De bout en bout, le constat est sévère : « Isabelle –dit-il- a subi le silence tout puissant d’une médecine technicienne, qui ne s’adresse plus à la parole du malade et de son entourage ». Et l’homme d’appeler à retrouver le chemin de l’harmonie réciproque entre soignés et soignants : « permettre aux sachants de travailler plus humblement, -dit-il- aux soignants de retrouver le gout et le sens, et aux patients et aux familles de se sentir écoutés et rencontrés »

C’est exactement ce qu’ont vécu Hubert et Caroline récemment. Marie-Océane, leur fille polyhandicapée a été hospitalisée avec une grave infection, presque mourante. Ils ont été touchés par la gentillesse et le professionnalisme du personnel dans tous les services : « ils ont organisé l’équipe pour soigner au mieux Marie-Océane » témoignent-ils sur ombresetlumière .fr. « Ils nous ont sans cesse informés, consultés, invités à donner notre avis de parents qui connaissent leur fille, elle qui n’a pas les moyens de se faire comprendre… Ils nous ont fait entièrement confiance -ajoutent-ils- et qui plus est, à la fin, ils nous ont remerciés pour la qualité de notre aide ».

Cette expérience heureuse autour de Marie-Océane indique clairement la priorité autour de laquelle il nous faut repenser le soin. Le docteur Fernandes en donne d’ailleurs le chemin -je cite- « Qu’ensemble, nous construisions un système de santé vertueux ou la parole, la rencontre, et la relation, reprendront leur place essentielle, au-devant de l’uniformisation des soins et de la seule efficience technique et financière. » « Ensemble » me parait bien le mot clef pour y parvenir ! Car il s’agit d’un changement de culture.

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame

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