Besoin de la présence sensible de Dieu pour supporter ma maladie

Un paysage désertique

Christine : Pour supporter ma souffrance, j’ai besoin de sentir la présence de Dieu (physiquement, émotionnellement). Or, depuis des jours et des jours, je prie et je ne sens plus rien. Comment retrouver cette relation à Dieu ?

Il vous est arrivé de sentir physiquement et émotionnellement la présence de Dieu, me dites-vous. Je ne sais pas ce que vous entendez par physiquement mais je comprends émotionnellement car nos émotions s’intègrent à notre expérience de foi. Oui, nous allons vers Dieu avec tout notre être donc aussi avec notre corps et avec notre sensibilité.

Soyez heureuse de ces moments de prière durant lesquels vous êtes sentie dans la joie, en paix, dilatée intérieurement.

Cependant, n’oubliez pas que la vie de foi est un chemin sur lequel nous n’avançons pas toujours au milieu des fleurs, d’un paysage merveilleux et sous un grand soleil. Tous, nous traversons aussi parfois des déserts dans lesquels nous ne sentons plus rien, nous avons soif et nous voudrions retrouver les oignons d’Egypte (cf. Nb 11,5). C’est notre foi qui est alors mise à l’épreuve et interrogée. Avons-nous foi en Dieu seulement quand tout va bien, quand tout est clair ? 

Seulement quand nous éprouvons de joyeuses émotions en priant ? Vivre la foi c’est faire toujours confiance à Dieu même quand je ne sens plus rien en priant, même quand je ne comprends pas ce qui se passe, même quand je rencontre l’épreuve. Prier quand même quand on vit un temps de sécheresse intérieure, se tenir en silence devant Dieu sans rien ressentir c’est Lui dire : « je crois que tu existes et je ne peux que te donner que ce temps apparemment vide pour moi. » Une fidélité purement matérielle (par exemple fidélité aux horaires ou aux lieux) mais régulière à un temps de prière quotidienne est un acte de foi et aussi un acte d’espérance en des temps plus sereins sur les chemins de la foi. 

Pour terminer, une petite anecdote. Au cours d’une retraite aux directeurs et directrices des communautés de l’Arche, j’avais dit qu’il m’arrive parfois d’être dans une telle sécheresse en priant la liturgie des heures (le bréviaire) que j’ai l’impression que si j’avais lu l’annuaire des téléphones j’aurais éprouvé les mêmes effets c’est-à-dire aucun. A la fin de la retraite les directeurs et directrices m’ont offert un annuaire des téléphones. Mais je vous assure, je ne prie pas avec ça… même en temps de sécheresse intérieure !

Partager